22 décembre 2015 / 15:52 / il y a 2 ans

Un fonds intéressé par la filiale britannique de Tata Steel

BOMBAY/LONDRES, 22 décembre (Reuters) - Le sidérurgiste indien Tata Steel a annoncé mardi être en négociations avec la société de capital-investissement Greybull Capital en vue de lui céder sa filiale britannique en difficulté, qui emploie près de 5.000 personnes.

Tata Steel, numéro un au Royaume-Uni, cherche depuis l'an dernier à céder sa filiale de produits longs, qui produit des aciers utilisés dans la construction. Le dossier est devenu pressant avec la chute des prix de l'acier, au plus bas depuis dix ans, qui a intensifié la crise du secteur.

"C'est un moment extrêmement critique pour l'ensemble du secteur et nous travaillons sans relâche étudier toutes les options susceptibles d'assurer l'avenir de notre filiale Long Products Europe", a déclaré Karl Köhler, directeur général des opérations européennes de Tata Steel.

Reuters avait rapporté lundi que Greybull avait fait la proposition la mieux disante mais, selon une source, la vente se fera probablement pour moins de 500 millions de livres (676 millions d'euros) et il n'y aura pas de reprise de dette.

"Greybull Capital confirme avoir signé une lettre d'intention avec Tata Steel (...) C'est une étape importante mais il reste beaucoup à faire pour parvenir à un accord", a déclaré la firme d'investissement britannique.

Klesch Group, un groupe de production et de négoce de matières premières, avait renoncé en août à racheter la filiale de Tata Steel.

En octobre, le groupe indien a annoncé la suppression de 1.200 postes à sa filiale de produits longs, qui est basée à Scunthorpe, dans le nord-est de l'Angleterre, et emploie quelque 4.700 personnes en Europe.

En comprenant ces 1.200 postes supprimés, l'industrie sidérurgique britannique a perdu au total 4.000 emplois en octobre, l'équivalent d'un cinquième environ de ses effectifs.

Unite, le principal syndicat britannique, a salué les annonces de mardi tout en se montrant prudent.

"Il nous faudra voir si l'emploi sera préservé avec cette vente potentielle. Le gouvernement doit aussi réaliser que (...) la crise de l'industrie (sidérurgique) continue", a-t-il fait savoir dans un communiqué.

Tata Steel, confronté à des coûts élevés au Royaume-Uni et à la concurrence d'importations chinoises record, a dû supprimer des milliers d'emplois depuis son OPA de 2007 sur le groupe anglo-néerlandais Corus, qui l'a hissé au deuxième rang européen derrière le leader mondial ArcelorMittal.

Le groupe emploie environ 30.000 personnes en Europe, dont 17.000 en Grande-Bretagne. (Clara Ferreira Marques et Maytaal Angel,; Véronique Tison pour le service français)

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