11 décembre 2015 / 11:30 / dans 2 ans

LEAD 4-Nuit de violence à Bujumbura, la capitale du Burundi

(Actualisé avec bilan officiel)

NAIROBI, 11 décembre (Reuters) - Plusieurs camps militaires ont été attaqués dans la nuit de jeudi à vendredi à Bujumbura, la capitale du Burundi, où de violents échanges de tirs et des explosions ont retenti pendant plusieurs heures, ont rapporté des sources politiques et militaires.

Le porte-parole de l'armée burundaise, Gaspard Baratuza, a avancé un bilan de douze morts parmi les assaillants et de 20 arrestations. Cinq soldats ont été blessés par les assaillants qui avaient pour objectif de s'emparer d'armes et de libérer des prisonniers, a-t-il ajouté.

Des militaires interrogés par Reuters avaient auparavant déclaré sous le sceau de l'anonymat que plusieurs soldats et assaillants avaient été tués pendant les attaques qui ont visé trois camps de l'armée dans la capitale burundaise.

Selon l'un d'eux, qui a parlé à des soldats sur place, trois militaires et cinq assaillants ont été tués près de la base de Ngagara, dans le nord de Bujumbura. Certains des assaillants portaient des uniformes de l'armée, a-t-il ajouté.

Willy Niyamitwe, conseiller chargé de la communication du président Pierre Nkurunziza, a assuré sur son compte Twitter qu'il n'y avait pas eu de tentative de coup d'Etat, comme celle qui avait été déjouée en mai dernier.

Il a ajouté que de nombreux assaillants avaient été "tués ou arrêtés", sans fournir de chiffre précis, et affirmé que la situation dans la capitale "revenait à la normale".

Cette dernière affirmation a été contredite par de nombreux habitants, qui ont fait état de la poursuite d'explosions et de tirs dans la matinée et décrit des rues désertes à une heure où les gens se rendent d'ordinaire au travail. Les écoles sont fermées et les forces de sécurité massivement déployées, ont ajouté certains.

PLUSIEURS COMPAGNIES ANNULENT LEURS VOLS

Les compagnies aériennes Kenya Airways et RwandAir ont annoncé l'annulation de tous leurs vols prévus vendredi à destination de Bujumbura, faute de personnel au sol selon la compagnie kényane.

Interrogé par Reuters, Willy Niyamitwe a assuré de son côté que l'aéroport n'était pas fermé.

Selon plusieurs proches du président, les attaques contre les camps visaient à créer une diversion pour permettre l'évasion de prisonniers. Cette manoeuvre a échoué, a écrit Niyamitwe sur Twitter.

Un autre porte-parole de la présidence a indiqué sur le site de microblogging que le gouvernement se réunirait comme prévu lundi pour discuter du budget 2016 et qu'une proclamation de l'état d'urgence n'était pas à l'ordre du jour.

Le Burundi est en proie à des violences qui ont déjà fait des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés depuis que Nkurunziza a décidé en avril de briguer un troisième mandat, qu'il a remporté cet été, ignorant les protestations de l'opposition qui jugeait cette initiative contraire à la Constitution.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a jugé il y a dix jours que le Burundi était au bord d'une guerre aux "effets potentiellement désastreux sur une région déjà fragile". (voir )

Pierre Nkurunziza est un ancien chef rebelle hutu, qui avait affronté la minorité tutsie au pouvoir pendant la guerre civile de 1993 à 2005. Les clivages ethniques sont les mêmes qu'au Rwanda voisin, théâtre d'un génocide en 1994. (Edmund Blair; Tangi Salaün pour le service français)

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