3 décembre 2015 / 01:46 / dans 2 ans

LEAD 1-Brésil-Procédure de destitution ouverte à l'encontre de Rousseff

(Actualisé avec réaction de Dilma Rousseff, contexte)

par Lisandra Paraguassu et Anthony Boadle

BRASILIA, 2 décembre (Reuters) - Le président de la chambre basse du Congrès brésilien a lancé mercredi une procédure de destitution à l‘encontre de la présidente Dilma Rousseff, faisant franchir une nouvelle étape à la crise politique dans laquelle s‘enfonce le Brésil parallèlement à ses difficultés économiques.

La demande avait été formulée en septembre par l‘opposition, qui accuse la présidente d‘avoir fraudé le fisc et manipulé les comptes publics pour assurer sa réélection l‘an dernier.

Une commission parlementaire spéciale formée de représentants de tous les partis doit désormais décider du bien-fondé de la destitution, qui devra ensuite être approuvée à la majorité des deux tiers.

Si les députés votent la destitution, la présidente sera suspendue le temps que le Sénat se prononce à son tour dans un délai de 180 jours.

Dans une allocution télévisée à la nation, Dilma Rousseff a exprimé son “indignation” face à l‘initiative prise par le président de la chambre basse du parlement, Eduardo Cunha, assurant qu‘il n‘y avait pas le moindre début de preuve ou de soupçon de malversation de sa part.

La présidente brésilienne a en outre lancé une pique à l‘encontre d‘Eduardo Cunha, qui fait lui-même l‘objet d‘une enquête pour corruption et détention d‘un compte bancaire en Suisse.

“Je n‘ai pas de compte à l‘étranger”, a-t-elle lancé.

La classe politique brésilienne est déjà au bord de la paralysie en raison de la vaste enquête pour corruption présumée autour de la compagnie pétrolière publique Petrobras.

Contrairement à Eduardo Cunha, Dilma Rousseff n‘est pas concernée par l‘enquête même si les versements occultes présumés à destination de partis politiques se sont en grande partie produits alors qu‘elle présidait le conseil d‘administration de Petrobras.

Eduardo Cunha est issu du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), formation centriste membre de la coalition au pouvoir.

Cette dernière ne cesse toutefois de se fissurer en raison du scandale Petrobras et des difficultés économiques du pays, dont le produit intérieur brut (PIB) risque de se contracter nettement cette année et en 2016 au point de plonger le Brésil dans sa plus longue récession depuis les années 1930. (Jean-Philippe Lefief et Bertrand Boucey pour le service français)

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