28 octobre 2015 / 09:20 / il y a 2 ans

Critique accrue contre la politique australienne des migrants

par Byron Kaye

SYDNEY, 28 octobre (Reuters) - Une centaine de manifestants ont perturbé mercredi l'assemblée générale de la société privée Transfield Service qui gère pour le compte des autorités australiennes les centres de rétention des migrants installés hors des frontières du pays.

La politique australienne qui consiste à regrouper les demandeurs d'asile dans des Etats d'Océanie, notamment sur l'île de Nauru et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, fait l'objet de critiques croissantes.

"Les centres de rétention sont pires que des prisons", a déclaré l'un des manifestants, Mohammad Ali Baquiri, un Afghan qui dit avoir été détenu à Nauru entre 2001 et 2004.

Les Nations unies notamment de même que des organisations de défense des droits de l'homme dénoncent également les conditions de vie dans ces camps.

Les déclarations d'une réfugiée somalienne, qui dit avoir été violée dans le camp de Nauru, est la dernière illustration en date du sort réservé aux migrants. D'autres affaires d'agressions sexuelles et d'abus systématiques ont également été dénoncées.

"L'impunité face à des crimes aussi graves accroît le risque qu'ils se multiplient", a déclaré mardi Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissaire de l'Onu aux droits de l'homme.

Le nouveau Premier ministre australien, Malcolm Turnbull, arrivé au pouvoir en septembre après l'éviction en interne au sein du Parti libéral de Tony Abbott, s'est dit préoccupé par les conditions d'accueil et de vie des migrants dans ces centres. Mais un grand nombre d'élus de son parti soutiennent la politique actuelle.

Fin septembre, le rapporteur spécial sur les droits des migrants, nommé par le Conseil des droits de l'homme de l'Onu, a repoussé sa visite officielle en Australie en invoquant la coopération incomplète du gouvernement australien.

Le Canadien François Crépeau, en fonction depuis 2011, devait enquêter sur la situation des migrants en Australie et dans les centres de Nauru et de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Dans un communiqué expliquant sa décision, il indique notamment que le gouvernement australien l'a interdit d'accès dans ces centres "offshore" et cite aussi une loi adoptée cette année, le Border Force Act, qui menace de deux ans de prison quiconque travaillant pour le compte de ces centres de rétention révélerait des "informations protégées".

A Sydney, la présidente de Transfield Services, Diane Smith-Gander, a rejeté mercredi les accusations portées à l'encontre de ses employés. Elle a également souligné que sa société n'était pas responsable de la politique du gouvernement, mais simple exécutante d'un marché public.

Le contrat passé pour vingt mois avec l'Etat représente au total une somme de 1,2 milliard de dollars australiens (775 millions d'euros environ). Transfield espère obtenir sa reconduction sur cinq ans pour 2,7 milliards (1,75 milliard d'euros). (avec Tom Miles à Genève; Henri-Pierre André pour le service français)

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