27 juin 2015 / 00:45 / il y a 2 ans

L'opposition grecque fustige le recours au référendum de Tsipras

ATHENES, 27 juin (Reuters) - Les partis de l‘opposition grecque ont dénoncé dans la nuit de vendredi à samedi la décision du Premier ministre Alexis Tsipras d‘organiser un référendum sur le projet d‘accord “argent frais contre réformes” soumis par les créanciers d‘Athènes.

Cette initiative, jugent-ils, est une rupture avec les partenaires européens de la Grèce et menace de pousser le pays hors de l‘Union européenne.

Les socialistes du PASOK ont appelé à la démission du chef du gouvernement, vainqueur des élections législatives anticipées du 25 janvier sur la promesse d‘en finir avec l‘austérité.

“Puisque M. Tsipras est incapable de prendre des décisions responsables, il devrait démissionner et laisser les citoyens voter pour leur avenir via des élections”, a déclaré Fofi Genimmata, le chef du PASOK, dans un communiqué.

Pour les centristes de To Potami (la rivière), Syriza et les Grecs indépendants du ministre de la Défense Panos Kammenos (ANEL, souverainistes de droite), associés à la coalition au pouvoir, cherchent à précipiter la chute du pays.

“Alexis Tsipras et Panos Kammenos ont décidé de prendre la tête du lobby en faveur du retour à la drachme, de faire sortir le pays de l‘Union européenne et de le pousser par-dessus la falaise”, a dénoncé leur chef de file, Stavros Theodorakis.

“Nous lutterons ensemble pour une Grèce forte au coeur de l‘Europe”, a-t-il ajouté.

Antonis Samaras, chef de file de Nouvelle démocratie (droite) et prédécesseur de Tsipras au poste de Premier ministre, a accusé enfin son successeur d‘avoir isolé la Grèce et “conduit le pays dans une impasse totale, entre un accord inacceptable et une sortie de l‘euro”.

Ce référendum, a-t-il ajouté, portera en fait sur l‘appartenance à l‘Union européenne et démontre que Tsipras a préféré rejeter sur les épaules du peuple la responsabilité qu‘il était lui-même incapable d‘assumer.

“M. Tsipras conduit aujourd‘hui le pays vers un référendum dont la question fondamentale est un oui ou un non à l‘Europe et il propose la rupture avec tous nos partenaires et une sortie de l‘euro”, a-t-il dénoncé.

Dans son allocution, Tsipras a indiqué que le Parlement serait appelé à ratifier dès samedi son projet de référendum.

Kammenos a annoncé pour sa part qu‘il appellerait à voter non, “exactement comme en 1940 lorsque le peuple grec a décidé de dire non aux armés étrangères”, a-t-il dit, estimant qu‘il en allait de l‘indépendance du pays.

Avec 149 élus pour Syriza et 13 pour ANEL, le gouvernement dispose d‘une majorité absolue parmi les 300 députés de la Vouli. (Michele Kambas et George Georgiopoulos; Henri-Pierre André pour le service français)

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