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Sociétés

L'Europe est moins dépendante du gaz russe importé via l'Ukraine

LONDRES/PRAGUE, 3 mars (Reuters) - Après un hiver doux et grâce au développement de ses infrastructures, l’Europe est moins dépendante que par le passé des importations du gaz naturel russe qui transitent par l’Ukraine, ce qui apaise les craintes d’une pénurie liée à la crise ukrainienne.

La Russie est le premier fournisseur de gaz de l’Europe et alimente environ le quart de la demande en Europe continentale, soit un flux quotidien d’environ 270 millions de mètres cubes par jour, l’équivalent quotidien de près de 100 millions de dollars (72,6 millions d’euros). Un tiers des exportations de gaz russe passe par l’Ukraine.

Les inquiétudes concernant l’approvisionnement de l’Europe se sont accentuées ce week-end après la prise de contrôle de la République autonome de Crimée par la Russie et l’autorisation du parlement russe à l’emploi de la force pour protéger les ressortissants russes en Ukraine. (voir )

Dans le passé, Moscou avait déjà suspendu ses livraisons à l’Ukraine lors de négociations sur les prix avec Kiev, provoquant une pénurie en Europe centrale qui se fournit essentiellement en Russie.

Le groupe russe Gazprom a annoncé lundi que la transit de gaz vers l’Europe via l’Ukraine était normal, tout en avertissant qu’il pourrait augmenter les prix pour Kiev au-delà du premier trimestre, ce qui a ravivé les craintes de voir Moscou recourir à l’arme du gaz dans la crise actuelle.

Toutefois, les analystes notent que, grâce à un hiver doux sur l’ensemble de l’Europe, les stocks de gaz sont exceptionnellement élevés dans la région, ce qui limiterait l’impact d’une éventuelle suspension de l’approvisionnement.

Ils ajoutent que le développement des infrastructures gazières permet à une forte proportion de l’offre russe d’arriver en Europe en passant par des circuits alternatifs tels que le gazoduc Nord Stream, qui traverse la Baltique en direction de l’Allemagne, ou par un gazoduc qui passe par la Biélorussie et la Pologne pour aboutit également en Allemagne.

“Un faible taux d’utilisation signifie que le réseau gazier ukrainien est moins important aujourd’hui qu’il ne l’était dans le passé”, conclut lundi Bernstein Research dans une note de recherche.

LA DEMANDE DEVRAIT RESTER MODÉRÉE

L’Ukraine a accentué ses importations de gaz russe ces derniers jours en prévision d’une éventuelle décision de Moscou de mettre fin aux tarifs préférentiels accordés à son voisin, a annoncé lundi un porte-parole de la compagnie nationale de transport du gaz Ukrtransgas.

Après un hiver clément, les météorologistes s’attendent aussi à un printemps doux en Europe, ce qui signifie que la demande de gaz va rester faible, alors même que les stocks sont importants.

En Allemagne, plus gros consommateur de gaz en Europe et premier client de la Russie, les réserves sont à plus de 60% des capacités de stockage, soit environ 60 jours de consommation.

En France, au 2 mars, les stocks de gaz étaient plein à 35% selon les données de Gas Infrastructure Europe, leur plus haut niveau depuis 2008 à cette époque, contre 18% l’année dernière.

GRTGaz, filiale de GDF Suez, avait sonné l’alarme à la fin de l’été dernier sur les niveaux très bas des stocks français mais la douceur de l’hiver a éloigné les menaces de pénurie. La France connaît son troisième hiver le plus doux depuis 1900 selon Météo France.

En Europe centrale, qui dépend fortement du gaz russe et qui avait beaucoup souffert des précédentes coupures, les réserves tchèques et slovaques se situent à des niveaux situés entre 35 et 45% des capacités de stockage, soit l’équivalent de 90 jours de consommation, et les réserves polonaises sont à 70%.

Les réserves autrichiennes sont à 34% des capacités et le ministère de l’Economie a fait savoir que le pays avait suffisamment de gaz pour répondre à la demande pendant trois mois.

Les stocks hongrois sont plus faibles, à environ 22% de leur capacité, mais celles-ci sont importantes en terme de volumes et peuvent fournir près de deux mois de consommation. (Avec Oleg Vukmanovic et Vera Eckert à Frankfurt, Stephen Jewkes à Milan et Michel Rose à Paris; Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)

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