August 7, 2013 / 9:04 AM / 6 years ago

Ligue 1-Lyon, l'ambitieux numéro d'équilibriste

par André Assier

LYON, 7 août (Reuters) - L’Olympique lyonnais entame la nouvelle saison en équilibre précaire, entre des finances à surveiller, stade à construire et objectifs toujours élevés portés par de jeunes pousses, “ADN” du club selon le président Jean-Michel Aulas.

S’il mène depuis plus d’un an une politique d’économies aux antipodes de celle, dispendieuse, qui avait caractérisé les années précédentes, Aulas se refuse à parler de transition.

“Nous allons tenter d’être sur le podium, ce qui est l’objectif d’un club à l’ambition de l’Olympique Lyonnais”, dit le dirigeant lyonnais, qui a entrepris une stratégie à moyen terme avec en figure de proue le Stade des Lumières, dont la première pierre vient d’être posée.

“Nous avons de grandes ambitions sur le futur pour faire partie des équipes européennes qui sont susceptibles de faire face au défi financier et au défi des infrastructures, en construisant un stade dont on sera propriétaire, et au défi sportif avec notre académie qui est la deuxième en Europe.”

Puisque Lyon se comporte sur le marché des transferts comme s’il était sans le sou, le centre de formation, le meilleur de France selon le dernier classement fédéral, sera plus que jamais le principal pourvoyeur de l’équipe.

Elle est batie autour du capitaine Maxime Gonalons, de Clément Grenier, appelé à prendre enfin les clés de l’équipe, ou de Samuel Umtiti, champion du monde des moins de 20 ans avec Naby Sarr. D’autres, dont le moins de 19 ans Yassine Benzia, sont appelés à prendre du galon.

“Puisque nous avons une génération très bonne, nous avons concentré nos ressources sur les jeunes issus du club. Je crois dans le talent et la conviction”, dit Aulas, dont le club est le deuxième pourvoyeur de joueurs dans les grands championnats européens derrière le FC Barcelone.

Son entraîneur Rémi Garde y voit aussi du positif : “Tous ces garçons du club ont un potentiel et ont l’amour du maillot, même dans les moments difficiles”, affirme-t-il.

BEDIMO, PLUS GROS TRANSFERT...

Si Aulas explique que cette “stratégie d’un centre de formation dure depuis vingt-cinq ans”, elle est aussi dictée par les impératifs financiers et l’incertitude d’une participation à la Ligue des champions.

Troisième de Ligue 1 en mai dernier, Lyon vient de batailler contre Zurich en tour préliminaire et doit encore passer par un barrage qui peut rapporter gros pour un club en déficit pour la quatrième année d’affilée - l’estimation au 30 juin était de 19 millions d’euros.

Eliminé en 16es de finale de la Ligue Europa en février, l’OL a reçu sept millions d’euros de l’UEFA contre 23,4 la saison précédente avec la Ligue des champions.

Une simple participation à cette compétition donnerait de l’air aux Lyonnais et sans doute la possibilité de renforcer un groupe encore dégraissé cet été avec les départs de Dejan Lovren pour Southampton (pour huit millions d’euros), du jeune Anthony Martial vers Monaco, de Michel Bastos aux Emirats, en attendant que se dénoue l’imbroglio Bafétimbi Gomis.

Dans le sens inverse, Lyon n’a pas flambé, loin de là, malgré un budget de 133 millions d’euros, le troisième de Ligue 1. Preuve que les temps sont durs, son plus gros investissement se nomme Henri Bedimo, arrivé de Montpellier pour deux millions.

Sur le flanc gauche, Lyon a misé sur un joueur prêté, le Portugais Miguel Lopes, plutôt qu’un jeune Français, Sébastien Corchia, dont le club, Sochaux, réclamait un transfert sec.

Enfin, un an après le pari réussi avec Steed Malbranque, sorti de sa retraite à 32 ans, l’OL s’est tourné vers un autre joueur du même âge, le Valenciennois Gaël Danic, débauché pour à peine 800.000 euros.

“C’est une énorme progression, une grosse satisfaction. C’est un nouveau challenge. J’ai l’impression que je vais démarrer un nouveau championnat. J’ai toujours connu et joué le maintien. J’ai envie de me prouver que je peux évoluer au-dessus”, dit le Breton.

“J’aimerai savoir si j’ai les compétences et les capacités pour évoluer à l’étage supérieur”, ajoute-t-il.

C’est toute la problématique de ce Lyon qui ne peut se passer de participer à la meilleure compétition européenne et de bien figurer dans un championnat dont le Paris Saint-Germain et Monaco seront les favoris annoncés, devant Marseille et l’OL.

D’un club qui doit jongler entre l’impératif de résultats et les promesses que portent sa jeunesse et son projet de stade - une enceinte de 58.000 places bâtie à Décines, à l’est de la ville, pour un coût prévu de 405 millions d’euros. (Edité par Gregory Blachier)

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