July 14, 2012 / 1:08 PM / 7 years ago

LEAD 3-Hollande fustige la restructuration et la stratégie de PSA

* L’Etat ne laissera pas faire, le plan doit être renégocié - Hollande

* Il refusera tout licenciement sec, mais ne s’opposera pas à la fermeture d’Aulnay

* Le futur plan pour l’automobile aidera l’électrique, l’hybride et le crédit auto (Actualisé §§ 5-6 avec réaction CGT)

PARIS, 14 juillet (Reuters) - François Hollande a fortement critiqué samedi la direction de PSA Peugeot Citroën dont il juge “inacceptable” le plan de restructuration dévoilé cette semaine, sans aller jusqu’à s’opposer à la fermeture de l’usine d’Aulnay.

PSA a annoncé jeudi 8.000 nouvelles suppressions d’emplois en France et la fermeture de son site d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) pour endiguer ses pertes financières sur fond de chute des ventes de voitures en Europe. (voir .

“L’Etat ne laissera pas faire”, a déclaré le chef de l’Etat lors d’une interview télévisée organisée à l’occasion du 14 juillet. “Le plan en l’état n’est pas acceptable, il doit être renégocié.”

Prié de dire s’il pourrait aller jusqu’à interdire la fermeture du site d’Aulnay, il a répondu: “Non, mais ce que l’Etat, avec les moyens de pression qui peuvent être les siens, sur le chômage partiel, sur la formation professionnelle, sur les crédits que nous pouvons apporter à une banque qui est liée à Peugeot, nous pouvons faire en sorte qu’Aulnay reste un site industriel.”

Le constructeur automobile a indiqué qu’après l’arrêt à Aulnay de l’activité d’assemblage des Citroën C3 en 2014, un dispositif visant à réorienter le site vers d’autres activités liées à l’industrie et à l’automobile serait mis en place, sans plus de précision.

“Ce plan en l’état n’est pas acceptable, il ne sera pas accepté, à partir de là il faut engager une concertation pour qu’il n’y ait aucun licenciement sec chez Peugeot”, a poursuivi François Hollande.

Pour la CGT, premier syndicat de l’usine d’Aulnay, l’Etat a les moyens d’intervenir “pour empêcher tous les licenciements dans le groupe PSA et la fermeture de l’usine d’Aulnay”.

“François Hollande, a reconnu que les dirigeants de PSA avaient menti. Il reconnaît donc que Peugeot avait décidé de fermer l’usine d’Aulnay depuis des années et que cette décision n’a rien à voir avec la soi-disante baisse des ventes de PSA pour le premier semestre 2012”, écrit-elle dans un communiqué.

Sur les 8.000 suppressions d’emplois annoncées par PSA, au moins 1.500 personnes se verront proposer un reclassement interne. Pour les 3.600 postes de structure concernés par la restructuration, un plan de départ volontaire courra jusqu’en 2013.

Les syndicats craignent que la direction n’ait recours au licenciement économique si elle recueille pas à cet horizon suffisamment de candidatures.

Un porte-parole de PSA n’a pas souhaité commenter les propos du chef de l’Etat.

PREMIÈRES PISTES SUR LE PLAN POUR L’AUTOMOBILE

François Hollande s’en est également pris à la stratégie du premier groupe automobile français, dont il a déploré que les annonces faites jeudi aient été retardées volontairement après les élections présidentielle et législatives.

“C’est trop facile de dire c’est la faute du coût du travail, il y a eu des choix stratégiques qui n’ont pas été bons (...) il y a aussi des comportements d’actionnaires qui se sont distribués des dividendes, alors qu’il y a aurait pu y avoir privilège d’investir plutôt que d’assurer des faveurs à des actionnaires”, a-t-il dit.

“Moi je considère qu’il y a eu un mensonge, ce plan n’a pas été annoncé alors qu’il était déjà prévu”, a-t-il ajouté.

Le chef de l’Etat a rappelé que le gouvernement avait nommé un expert pour étudier la situation réelle de PSA et déterminer si l’ampleur de la restructuration annoncée jeudi se justifiait.

Il a également livré quelques pistes sur le plan stratégique pour l’industrie automobile sur lequel le gouvernement lèvera le voile le 25 juillet prochain en conseil des ministres.

S’il a exclu un retour de la prime à la casse, le président de la République a insisté sur le système du bonus-malus, actuellement en vigueur pour favoriser les voitures les moins émettrices de CO2, principal gaz à effet de serre.

“On sait qu’il y a en France une industrie qui a pu anticiper sur les véhicules propres, sur les véhicules hybrides, faisons en sorte que ce soit ces véhicules-là qui soient avantagés”, a-t-il déclaré. “(Il faut) avoir des mécanismes d’incitation pour que nos véhicules, les véhicules français, fabriqués en France, soient davantage achetés.”

Dans le système actuel, les voitures électriques - où Renault disposera à la fin de l’année de la gamme la plus complète - sont déjà les plus avantagées avec une prime de 5.000 euros, suivies des hybrides - où PSA Peugeot Citroën et Toyota sont leaders, respectivement dans l’hybride diesel et essence - avec un bonus de 2.000 euros.

Pour les moteurs thermiques traditionnels, le plafond d’émissions de CO2 au-delà duquel un bonus est attribué a été abaissé en 2012 de 110 grammes au kilomètres, à 105 grammes, afin d’encourager les modèles les moins émetteurs.

François Hollande, qui souhaite un plan le plus efficace possible mais coûtant le moins possible au contribuable, a également cité l’aide à la recherche, à l’innovation et au financement du crédit pour l’acquisition de véhicules.

Il a ajouté que le gouvernement étudiait aussi la manière dont l’Etat et les collectivités locales pourraient soutenir la filière française en achetant directement des modèles électriques ou hybrides pour leurs flottes de véhicules. (Gilles Guillaume, édité par Gérard Bon)

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