July 6, 2012 / 12:48 PM / 8 years ago

Chypre impute ses maux à la restructuration de la dette grecque

NICOSIE, 6 juillet (Reuters) - Chypre s’est montrée très critique vendredi envers le plan de restructuration de la dette grecque détenue par le secteur privé, estimant que ce plan avait mis en difficulté son économie et l’avait forcé à faire appel à son tour à l’aide financière internationale.

Les dirigeants de la zone euro se sont mis d’accord fin 2011 pour déprécier la valeur des obligations souveraines grecques détenues par le secteur privé afin de réduire la dette de la Grèce d’environ 100 milliards d’euros.

Cette décision de faire participer le secteur privé au problème de solvabilité de la Grèce était très controversée et l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, avait alors mis en garde contre ses possibles répercussions.

“Les banques chypriotes qui détenaient des obligations souveraines grecques ont perdu environ 80% ou 81% de leur investissement total, soit 4,2 milliards d’euros”, a déclaré vendredi le ministre des Finances de Chypre, Vassos Shiarly, notant que ce montant représentait 24% du produit intérieur brut (PIB) de l’île.

Pour le ministre des Finances, l’économie chypriote, tirée par l’immobilier et les services, n’aurait pas les difficultés qu’elle rencontre actuellement s’il n’avait pas été décidé de faire participer le secteur privé au sauvetage de la Grèce.

“En raison de notre proximité géographique et financière avec la Grèce, nous avons été appelés à payer un lourd tribut”, a dit Vassos Shiarly à des journalistes.

“Le véritable problème provient de cet investissement particulier. Si vous me demandez s’il s’agissait d’une manière équitable de régler cela, je vous dirais non”, a-t-il ajouté.

Selon le ministre des Finances chypriote, la dépréciation de 100 milliards d’euros sur la dette grecque - qui n’a toujours pas permis de restaurer la solvabilité du pays - aurait dû être proportionnée selon la taille des économies de la zone euro.

L’Allemagne aurait ainsi payé le plus, soit environ 27% du total, et Chypre seulement 0,2%.

“Ce que nous aurions dû faire était de partager la perte équitablement, sur un pied d’égalité, comme le font les Européens, de manière solidaire”, a déclaré Vassos Shiarly.

“Si notre part avait été justement calculée (..) notre perte totale aurait pu être de 200 millions d’euros”, et non 4,2 milliards, a-t-il estimé.

Luke Baker, Blandine Hénault pour le service français, édité par Natalie Huet

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