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Sociétés

2012-La croissance et le chômage, invités de la présidentielle

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PARIS, 7 novembre (Reuters) - L’élection présidentielle de 2012 sera la septième à se dérouler sur fond de crise et de chômage persistant depuis le premier choc pétrolier de 1973, qui a mis un terme aux “Trente Glorieuses”, près de trente années de croissance soutenue et de plein emploi, et inauguré une période parfois qualifiée de “Trente Piteuses”.

Chaque scrutin sur la période a coïncidé avec un retournement conjoncturel sans nécessairement entraîner d’alternance politique, alors que les poussées de chômage ont été sanctionnées par les électeurs en 1981 comme en 1995.

L’élection de 1974, qui a reconduit la droite avec l’élection de Valéry Giscard d’Estaing, est intervenue après l’interruption prématurée du mandat de Georges Pompidou alors que l’activité économique s’apprêtait à connaître sa contraction la plus sévère depuis l’après-guerre, après une période de croissance comprise entre 5% et 6% l’an.

Le scrutin de 1981, marqué par la première alternance de l’histoire de la Ve République avec l’élection du socialiste François Mitterrand, a ponctué cinq années de ralentissement quasi-continu de la croissance, dans un contexte de montée du chômage de masse et de longue durée.

Le nombre de chômeurs a plus que doublé entre septembre 1974 et septembre 1980, passant de près de 650.000 à plus d’un million et demi.

Le rebond de croissance de 1981-1983 a abouti à trois dévaluations et à la mise en place d’une politique de rigueur en mars 1983 pour éviter une sortie du franc du système monétaire européen.

En 1988, la réélection de François Mitterrand face à Jacques Chirac, coïncide avec la fin d’une phase d’accélération de la croissance amorcée à l’automne 1983, qui a permis une relative stabilisation du taux de chômage et même une décrue, peu avant le scrutin.

La croissance a décéléré nettement au début des années 1990 avec la première guerre du Golfe et débouché sur une récession en 1993, avec l’éclatement d’une bulle immobilière.

Le taux de chômage, qui était passé de 9% au début du second mandat de François Mitterrand à moins de 8% à la fin 1990, remonte fortement pour culminer à 10,8% au deuxième trimestre 1995.

La reprise qui s’amorce début 1993 et se termine fin 1994 n’est pas suffisante pour permettre un recul du chômage, dont le taux est encore au-dessus de la barre des 10% de la population active à la fin du premier trimestre 1995.

Le début du premier mandat de Jacques Chirac va de pair avec une nette décélération de l’activité et une remontée du taux de chômage, qui retrouve ses plus hauts historiques au printemps 1997 à 10,8%, le nombre de chômeurs culminant à plus de 3,1 millions en mai-juin 1997 lors des élections législatives remportées par la gauche après une dissolution de l’Assemblée nationale.

La reprise, qui se confirme dans le courant de l’été 1997, s’interrompt brutalement avec l’éclatement de la bulle internet début 2000.

Alors que la fin de la législature est marquée par un fort ralentissement de l’activité et un coup d’arrêt à la baisse du chômage, dont le taux était tombé fin 2001 à 7,6%, un plus bas de près de 18 ans, le Premier ministre Lionel Jospin ne parvient pas à tirer les bénéfices de son bilan en termes d’emploi.

Il ne se qualifie pas pour le second tour de la présidentielle, Jacques Chirac l’emportant très largement pour un second mandat devant le dirigeant du Front national Jean-Marie Le Pen.

Le second mandat de Jacques Chirac est marqué par une nouvelle accélération de la croissance et une stabilisation, puis une décrue du taux de chômage.

L’élection présidentielle de 2007, qui intervient alors que le pic de croissance est déjà dépassé mais que le reflux du chômage se poursuit, voit la droite confirmée avec la victoire de Nicolas Sarkozy, qui s’est présenté en candidat de la rupture.

La campagne pour la présidentielle 2012 va se dérouler sur fond d’essoufflement de la reprise qui a suivi la crise financière de 2009-2009, avec un risque de récession. La baisse du taux de chômage, revenu à 9,1% fin juin 2011 après un pic à 9,6% fin 2009, n’est plus d’actualité. Au regard des scrutins précédents, les électeurs ne devraient pas tenir rigueur à Nicolas Sarkozy d’avoir échoué à leur ramener ce point de croissance en plus qu’il avait promis “d’aller chercher avec les dents”. Ils pourraient se montrer moins indulgents sur les deux points de chômage supplémentaires accusés depuis le point bas du premier trimestre 2008 à 7,2%.

Graphique sur l’évolution de la croissance et du taux de chômage en France depuis 1970

here (édité par Patrick Vignal)

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