November 4, 2011 / 3:34 PM / in 8 years

LEAD 1-G20-29 banques considérées comme systémiques, dont 4 françaises

* Une surcharge de capital de 1% à 2,5% sera exigée

* Le niveau exact par banque sera fixé en 2014

* Les “Sifis” feront l’objet d’une supervision renforcée (Actualisé avec réaction de la Société générale)

par Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou

CANNES, Alpes-Maritimes, 4 novembre (Reuters) - Vingt-neuf grandes banques à dimension internationale, parmi lesquelles quatre françaises, devront renforcer sensiblement leurs fonds propres d’ici 2019 en raison des risques que leur taille ou leur complexité feraient peser sur le système financier international si elles étaient en difficulté.

BNP Paribas , Crédit agricole , Société générale et BPCE (Banque populaire-Caisse d’épargne) figurent au nombre des 29 institutions financières recensées par le Conseil de stabilité financière (CSF) qui devront également faire l’objet d’une supervision renforcée.

Le sommet du G20 a entériné les décisions prises par les ministres des Finances le mois dernier à Paris, l’objectif étant que ces banques disposent d’un capital suffisant pour que les Etats ne se trouvent pas contraints de se porter à leur secours lors d’une prochaine grande crise.

Ces banques, dont la liste sera actualisée chaque année, devront augmenter leur capital dans une proportion variant de 1% à 2,5% de leurs actifs pondérés en fonction du risque qu’elles font peser sur l’ensemble du système. (Voir la liste publiée par le CSF

Le niveau exact de cette surcharge pour chacune de ces “global Sifi” (systemically important financial institutions) sera fixé en 2014. Elle devra être appliquée progressivement à partir de 2016 pour être en place à l’horizon 2019 et viendra en surcroît du ratio de 7% de fonds propres exigé par les nouvelles normes prudentielles dites de “Bâle III”.

“L’adoption par le G20 de ces mesures est une étape majeure”, s’est félicité le président sortant du CSF, Mario Draghi, qui vient de prendre les rênes de la Banque centrale européenne.

Leur mise en oeuvre “diminuera le risque de faillites d’établissements financiers systémiques ainsi que son impact”, a-t-il indiqué en soulignant qu’elles traitaient aussi le risque d’aléa moral, en permettant de régler la situation des institutions au coeur du système financier mondial “sans perturber l’économie réelle et faire appel aux contribuables”.

LE SYSTEME BANCAIRE PARALLELE SURVEILLE

A Paris, la Société générale, qui prévoit d’atteindre un ratio d’au-moins 9% en 2013 dans le cadre des normes de Bâle III, a indiqué que la banque avait déjà intégré l’éventualité de cette surcharge en capital dans son programme de renforcement des fonds propres.

BNP Paribas et BPCE n’ont quant à eux pas souhaité faire de commentaire suite à la publication de la liste du CSF. Personne n’était joignable dans l’immédiat au Crédit agricole pour réagir.

Ces banques devront d’autre part mettre en place un mécanisme leur permettant de faire faillite de façon ordonnée, pour éviter un événement comme la chute de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, qui a accéléré en 2008 la crise économique et financière.

En Bourse, les valeurs financières européennes sont reparties à la baisse en début d’après-midi, les investisseurs manifestant leurs inquiétudes sur une contagion de la crise à l’Italie et sur l’absence d’avancée significative sur le financement du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

A 16h20, l’indice bancaire européen cède plus de 2%.

Société générale recule de 5,53% à 17,58 euros, Crédit agricole de 4,17%. A Milan, Unicredit perd plus de 7% et à Francfort, Deutsche Bank (DBKGn.DE) abandonne 4,42%.

Le G20 a par ailleurs chargé le CSF de se pencher sur la régulation du “système bancaire parallèle”, pour éviter que des activités à risque ne migrent des banques vers d’autres pans du secteur financier moins surveillés, comme les fonds monétaires ou des entités spéciales.

Toujours en matière de régulation financière, il appelle à un développement de la réglementation “concernant l’intégrité et l’efficacité des marchés, notamment en faisant face aux risques posés par les transactions à haute fréquence et la liquidité opaque.”

Il a chargé l’OICV, qui regroupe les régulateurs de marché nationaux, d’évaluer le fonctionnement des marchés de CDS, ces produits dérivés qui permettent aux investisseurs de se couvrir contre le risque de défaut des emprunteurs, dont la responsabilité a été mise en cause dans la propagation de la crise de la dette de la zone euro.

Le sommet de Cannes a aussi décidé une réforme du CSF “pour améliorer sa capacité à coordonner et à contrôler” la régulation financière, qui passera par une plus grande autonomie et un renforcement de ses moyens.

Le gouverneur de la banque centrale du Canada, Mark Carney, a été choisi pour succéder à Mario Draghi à la tête du CSF, le président de la Banque nationale suisse, Philip Hildebrand, en devenant le vice-président. (Avec Matthieu Protard à Paris, édité par Catherine Monin)

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