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Économie

S&P Global craint une nouvelle spirale de la dette en Europe

L'Europe s'expose au risque d'une nouvelle "spirale de la dette" en cas d'augmentation prolongée des achats d'obligations d'Etat par les banques dans le contexte de la crise du coronavirus, estime l'agence de notation S&P Global dans une étude publiée lundi. /Photo d'archives/REUTERS/Brendan McDermid

LONDRES (Reuters) - L’Europe s’expose au risque d’une nouvelle “spirale de la dette” en cas d’augmentation prolongée des achats d’obligations d’Etat par les banques dans le contexte de la crise du coronavirus, estime l’agence de notation S&P Global dans une étude publiée lundi.

Elle précise que les achats par les banques d’obligations souveraines émises par leur pays d’origine ont représenté 210 milliards d’euros depuis le début de la pandémie.

“En dépit des efforts des gouvernements européens pour accroître le partage des risques liés au coût budgétaire de la pandémie, nous n’avons observé que peu de signes allant dans ce sens de la part des banques européennes”, note S&P Global.

“Au contraire, elles ont concentré davantage de risque dans leur pays d’origine en achetant plus de dette souveraine de leur pays d’origine, notamment dans les pays où son poids est le plus important, accroissant ainsi, de notre point de vue, les risques d’une nouvelle spirale de la dette si cette tendance persiste.”

La part de la dette souveraine nationale dans les portefeuilles des banques varie fortement d’un pays à l’autre: elle se situe entre 5% et 10% de l’encours total de crédit au secteur privé en Allemagne et en France, elle avoisine 20% en Espagne et au Portugal et elle approche 50% dans certains pays d’Europe centrale et orientale, selon S&P Global.

L’agence ajoute que les mécanismes de garanties d’Etat à grande échelle mis en place par plusieurs pays ces derniers mois ne font qu’amplifier les risques liés à la dette souveraine.

Une “spirale de la dette” avait été au coeur de la crise de la zone euro en 2011 les craintes d’insolvabilité de certains pays s’étant propagées au secteur bancaire en raison du poids des emprunts souverains dans les portefeuilles de certaines banques.

Marc Jones, version française Marc Angrand

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