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Négociations difficiles à 27 sur le plan de relance

BRUXELLES (Reuters) - Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne réunis à Bruxelles pour tenter de se mettre d’accord sur un ambitieux plan de relance de leurs économies ont eu du mal à trouver un terrain d’entente, vendredi, malgré des heures de négociations.

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Les “Vingt-Sept”, qui se retrouvaient physiquement pour la première fois depuis le début de l’épidémie de Covid-19, ont mis fin à leurs discussions qui reprendront samedi à 11h30, a annoncé la présidence du Conseil européen.

“Les opinions sur la dimension du fonds de relance sont diamétralement opposées”, a déclaré le président du gouvernement tchèque, Andrej Babis, à la presse lors d’une pause dans les discussions. “Pour le moment, je n’ai pas le sentiment que nous nous rapprochons d’un accord. J’ai plutôt le sentiment inverse”.

Le chancelier autrichien s’est quant à lui dit hostile au projet tel qu’il est aujourd’hui. “Notre exigence centrale la plus importante est qu’il n’y ait pas de mutualisation de la dette à long terme (...), mais que ce qui est décidé ici reste ponctuel”, a déclaré Sebastian Kurz au micro de la chaîne publique autrichienne, après s’être entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron.

“Il y aura de nouvelles propositions dans la nuit. Il y a une dynamique en notre faveur”, a-t-il ajouté.

De source européenne, on parlait vendredi soir d’un “moment difficile de la négociation avec un blocage sur la question de la gouvernance du plan de relance”.

“Nous attendons de savoir s’il y a une voie de passage”, a ajouté cette source.

Dès son arrivée, Angela Merkel avait dit s’attendre à des négociations “très, très difficiles” en raison des divergences persistantes.

RUTTE “PAS OPTIMISTE”

“Ce qui est en jeu, ce sont les principes d’unité et de solidarité européens”, a résumé pour sa part le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis. “Des compromis seront peut-être nécessaires mais nous devons être certains de parvenir à une solution ambitieuse.”

Les conditions posées par les Pays-Bas et la menace d’un veto hongrois pèsent sur les chances de parvenir à un accord sur un fonds de relance doté de 750 milliards d’euros (composé de 250 milliards de prêts et 500 milliards de subventions), en complément du budget pluriannuel commun qui serait porté à 1.100 milliards d’euros sur sept ans (2021-27).

D’un côté Paris, Berlin ou Rome sont favorables à l’idée de simples transferts budgétaires aux Etats les plus touchés, et, de l’autre, les Etats dits “frugaux” - Autriche, Pays-Bas, Danemark et Suède - préfèrent l’option de prêts remboursables.

D’après l’Elysée, la France pourrait obtenir une subvention européenne de l’ordre de 35 milliards d’euros qui permettrait de financer son propre plan de relance national de 100 milliards.

A l’orée du sommet prévu pour durer deux jours, mais qui pourrait déborder sur la journée de dimanche, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, s’est dit “pas optimiste”, alors que son pays réclame que les Etats membres bénéficiant du plan de relance acceptent en échange de réformer leur marché du travail et leur système de retraite, notamment.

A Bruxelles, les 27 dirigeants masqués, qui se sont parfois salué par un contact du coude, sont réunis dans une salle équipée et désinfectée au coeur d’un complexe européen où les journalistes sont absents.

Les enjeux sont grands pour des économies européennes très affectées par une crise profonde, notamment synonyme de chômage, qui pourrait déboucher sur un automne de colère dans les opinions publiques.

John Chalmers, Marine Strauss et la rédaction de Bruxelles avec Gabriela Baczynska à Varsovie, Elizabeth Pineau à Paris, édité par Jean-Philippe Lefief

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