April 16, 2020 / 10:57 AM / 2 months ago

GESTION-Les investisseurs doivent rechercher les survivants-Fidelity

PARIS, 16 avril (Reuters) - La crise du coronavirus oblige les investisseurs à revoir leur grille de lecture en se concentrant d’abord sur la recherche d’entreprises susceptibles d’y survivre, dit-on chez Fidelity International.

Le contexte brutal, avec une baisse des bénéfices de 20% à 30% à prévoir et des contractions du produit intérieur brut (PIB) pouvant atteindre ponctuellement 10%, impose une sélection rigoureuse des titres, a déclaré jeudi Romain Boscher, directeur monde de la gestion actions pour la société, lors d’une conférence en ligne.

“Nous sommes plus que jamais dans un marché de “stock pickers” dans lequel il va falloir choisir les titres un par un, secteur par secteur, avec pour premier critère la question de savoir qui peut passer cette crise”, a-t-il dit.

“Comme l’explique un dicton boursier, pour profiter du rebond, il faut survivre à la chute. C’est un enjeu car, malheureusement, les taux d’entreprises potentiellement exposées à une banqueroute ou une recapitalisation massive et donc à une dilution massive pour l’actionnaire est considérable.”

L’effondrement de la profitabilité ménage quelques poches comme la santé, la technologie ou certains secteurs de la consommation et frappe au contraire plus durement certains compartiments comme le pétrole ou les matières premières, a souligné Romain Boscher.

Pour compliquer la donne, il y aura des survivants même dans les pires secteurs, a-t-il dit avant de donner l’exemple de Ryanair, seule compagnie aérienne à rembourser les billets.

“La première question est de savoir combien de temps les entreprises peuvent résister en l’absence de revenus”, a-t-il dit.

“Les divergences vont être colossales. La soutenabilité, qui était une forme de cerise sur le gâteau, de luxe dans un marché haussier devient essentielle et incontournable dans un marché de crise.”

Les investisseurs doivent en outre se préparer à un marché de sortie de crise qui sera complètement différent avec le retour de la volatilité et de poches d’inflation dans un environnement de taux durablement bas afin de maintenir la soutenabilité de la dette, selon Romain Boscher.

“C’est bien une nouvelle toile de fond, très discriminante, qui se présente, avec un contexte qui amène à revisiter complètement toute hypothèse d’investissement”, a-t-il dit.

“Les résultats vont être nettement inférieurs à ce à quoi l’on était habitués, avec une pression très forte sur les entreprises non seulement pour ne pas distribuer de dividende mais également pour consolider les bilans”, a-t-il ajouté avant de citer l’exemple des banques américaines, dont les bénéfices ont fondu au premier trimestre en raison d’importantes provisions pour couvrir les risque de défauts de paiements. (Patrick Vignal, édité par Bertrand Boucey)

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