February 24, 2020 / 11:36 AM / 5 months ago

Les marchés misent sur une réponse monétaire au risque sanitaire

PARIS, 24 février (Reuters) - Les investisseurs parient sur une réponse monétaire de la part des grandes banques centrales aux inquiétudes grandissantes entourant la propagation de l’épidémie de coronavirus apparue en Chine, montrent les contrats à terme sur les taux d’intérêt des deux côtés de l’Atlantique.

Les futures sur les taux au jour le jour Eonia en zone euro et sur les “fed funds” aux Etats-Unis montrent une hausse de la probabilité d’une baisse de taux de la part de la Banque centrale européenne (BCE) comme de la Réserve fédérale américaine.

Les marchés monétaires de la zone euro évaluent désormais à environ 50% la probabilité que la BCE baisse ses taux de 10 points de base en juillet, contre 35% la semaine dernière.

Aux Etats-Unis, les investisseurs évaluent à 18,8% la probabilité que la Fed baisse ses taux de 25 points de base lors de sa réunion de mars, contre 11,1% il y a une semaine et 3,8% il y a un mois, indique le baromètre FedWatch de CME Group.

Face à l’ampleur de la crise, les grands argentiers des pays du G20 réunis ce week-end à Ryad se sont engagés à surveiller l’impact du coronavirus sur la croissance économique mondiale et à agir si nécessaire, estimant qu’un assouplissement monétaire et une baisse des tensions commerciales devraient entraîner une rebond en 2020 et 2021.

Tout en précisant ne pas vouloir commenter la politique monétaire, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, à quand même déclaré que les banques centrales étudieraient toutes les options possibles pour répondre à la propagation du virus, souligne Vincent Boy, analyste marchés chez IG France.

“Tout cela semble bien beau mais il reste à voir ce que les banques centrales ou les gouvernements peuvent faire pour atténuer une telle menace”, pointe Michael Hewson, responsable de l’analyse marchés chez CMC Markets UK.

LES RENDEMENTS OBLIGATAIRES CHUTENT

Si le rythme des nouvelles contaminations baisse en Chine, d’autres foyers de coronavirus se sont déclarés en Corée du Sud, en Iran et au Moyen-Orient ainsi qu’en Italie.

Une pandémie, à savoir une épidémie globale avec plusieurs foyers distincts, paraît ainsi se dessiner, entraînant un net recul des actions et un repli vers les valeurs refuges, obligations d’Etat en tête.

Dans ce contexte, le rendement des emprunts d’Etat américains à 10 ans est tombé lundi à son plus bas niveau depuis trois ans et demi (-9 points de base à 1,38%).

En Europe, le rendement du Bund allemand à dix ans , référence pour la zone euro, abandonne six points de base pour tomber à -0,49%.

Du côté des actions, le CAC 40 parisien, le Dax allemand et le FTSE londonien perdent chacun plus de 3% à l’approche de la mi-séance et les futures sur les indices américains signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 2,7% à 3,3%.

Le marché a du mal à intégrer dans les cours un risque sanitaire extrêmement difficile à quantifier, écrivent les analystes de Saxo Banque dans une note publiée juste avant l’ouverture des Bourses en Europe.

“Tant que les banques centrales restent vigilantes, ce qui est le cas actuellement, nul risque de correction majeure à l’horizon”, ajoutent-ils.

Patrick Vignal, avec Dhara Ranasinghe à Londres, édité par Blandine Hénault

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