October 18, 2019 / 5:01 AM / a month ago

ENTRETIEN MARCHÉS-La saison des résultats ne sera pas clémente, selon Mandarine

* Mandarine Gestion pessimiste pour les résultats du T3

* Les valeurs exposées à la macroéconomie vulnérables

* L’automobile et la chimie pourraient souffrir

* Un rebond des semi-conducteurs en vue

* La consommation résiste, le luxe en profite

par Patrick Vignal

PARIS, 18 octobre (Reuters) - La saison des résultats trimestriels des entreprises qui vient de démarrer en Europe s’annonce compliquée et dira quel est l’impact sur les entreprises du ralentissement économique, avec quelques secteurs à surveiller en priorité, dit on chez Mandarine Gestion.

Les bénéfices des composants du Stoxx 600 sont attendus en repli d’un peu plus de 3% en moyenne, selon les données Refinitiv, qui ont été révisées plusieurs fois à la baisse.

Elles pourraient l’être encore, expliquent à Reuters Thierry Le Clercq et Adrien Dumas, qui gèrent deux fonds actions Europe et France pour la société.

“Soyons clairs, les résultats ne seront pas bons”, dit Adrien Dumas. “Même si on a déjà eu des ‘warnings’, on en aura d’autres pendant les publications.”

Dans un contexte incertain, les avertissements sont lourdement sanctionnés en Bourse, comme Plastic Omnium et Publicis viennent d’en faire l’expérience.

Les deux cas, cependant, sont bien distincts, souligne Thierry Le Clercq.

“Plastic Omnium a un problème opérationnel sur la montée en cadence d’un site aux Etats-Unis”, dit-il.

“Quand vous sortez du banc aujourd’hui dans le secteur automobile avec un avertissement, vous vous faites massacrer, mais quand on regarde de plus près, ça peut arriver.

“Sur Publicis, par contre, on est sur une série de ‘profit warnings’, le titre n’a jamais été aussi peu cher et on se pose vraiment des questions.”

L’AUTOMOBILE ET LA CHIMIE VULNÉRABLES

Les secteurs particulièrement exposés au cycle économique, comme l’automobile ou la chimie, paraissent vulnérables et leurs prévisions diront s’il faut s’inquiéter d’une aggravation de la conjoncture, prolonge Adrien Dumas.

“L’automobile sera scrutée de près parce qu’on attend une stabilisation et, pour l’instant, on ne la voit pas. Les derniers chiffres des ventes au détail en Chine étaient bien plus mauvais encore que ce qu’on attendait. C’est un secteur bien cyclique pour nous faire remonter des signaux sur ce qu’il se passe dans l’économie mondiale.

“La chimie est un peu dans le même cas avec déjà énormément de ‘warnings’ au deuxième trimestre. On verra si on a peu de visibilité ou si ça continue de se détériorer.”

A l’inverse, certains secteurs bénéficient d’un élan positif, notamment les semi-conducteurs, avec des valeurs comme STMicroelectronics, poursuit le gérant.

“On attend tous un rebond lié à la 5G et à la forte demande pour l’iPhone 11, qui devrait notamment profiter à STMicroelectronics”, dit-il.

Les résultats aideront aussi à dire si les problèmes du secteur manufacturier menacent de s’étendre aux services et la consommation, selon le duo de Mandarine Gestion.

“Il y des secteurs qui continuent de bénéficier d’une consommation toujours présente et on pense notamment au luxe, dit Thierry Le Clercq en évoquant les résultats en forte croissance que vient de publier LVMH

“LVMH n’est pas monté sur du vent, il est monté sur la croissance des résultats”, dit-il. “Il peut y avoir des survalorisations, voire des bulles, s’il n’y pas plus de résultats, mais sur le luxe, ce n’est clairement pas le cas.”

ROTATION

Même si le luxe fait exception, les deux gérants croissance ont bien noté un mouvement de rotation vers les valeurs les plus défensives, les moins chères et les moins cycliques.

Ils disent cependant sélectionner les titres au cas pas cas et insistent sur le fait que certains possèdent un potentiel de croissance dans tous les compartiments, “growth” comme “value”.

“Notre positionnement aujourd’hui est de plutôt confier les capitaux à des entreprises qui sont un peu moins dépendantes de la macroéconomie et qui ont quelques moteurs qui viennent compenser le ralentissement économique mondial”, explique Adrien Dumas.

“Ce sont soit des entreprises qui sont très innovantes et qui gagnent des parts de marchés, soit des entreprises qui sont assises sur un tas de cash et qui ont des opportunités pour faire des acquisitions.”

Si tout le monde s’accorde à prévoir un troisième trimestre difficile, certaines sociétés de gestion disent s’attendre pour la fin de l’année à un rebond du marché, voire de la croissance, grâce aux mesures de soutien des grandes banques centrales.

Un tel scénario ne convainc pas le tandem de Mandarine Gestion.

“Un petit rebond de marché au T4 n’est pas impossible mais la tendance est clairement au tassement”, dit Adrien Dumas.

“Le consensus pour la croissance des résultats est encore très haut. Il va certainement progressivement redescendre, en sachant que les résultats du troisième trimestre, c’est le moment où l’on commence un peu à parler des objectifs de 2020. On verra quel est le message pour l’année prochaine. Je pense que les entreprises ont tout intérêt à être prudentes.” (Edité par Jean-Michel Bélot)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below