May 21, 2019 / 10:24 AM / a month ago

BOURSE-Engie plie, détachement du dividende face aux rumeurs sur Neoen (actualisé)

(Actualisé avec commentaire d’analystes)

PARIS, 21 mai (Reuters) - Le titre Engie accuse la plus forte baisse du CAC 40 mardi, un recul lié au détachement du dividende pour l’exercice 2018 alors que le groupe fait l’objet de spéculations quant à un investissement dans le spécialiste des énergies renouvelables Neoen.

Selon BFM Business, l’homme d’affaires Jacques Veyrat, qui gère la holding Impala, serait prêt à devenir actionnaire d’Engie en échange de sa participation majoritaire (50,1%) au capital de Neoen.

BFM précise que si Engie rachetait Neoen, Jacques Veyrat pourrait se faire payer en actions Engie et en devenir actionnaire à hauteur de 3% “pour ensuite monter facilement jusqu’à 6%” et ainsi remplacer partiellement l’Etat français au tour de table du fournisseur d’énergie et de services associés.

Engie n’a pas souhaité faire de commentaires et Neoen n’avait pas réagi dans l’immédiat.

A 12h18, l’action Engie recule de 1,70% à 12,96 euros, de loin le plus fort repli du CAC 40 qui gagne au même moment 0,53%.

L’action Neoen bondit pour sa part de 3% à 19,9 euros, à un plus haut de plus d’un mois.

Le repli du titre Engie est à mettre sur le compte du détachement du dividende d’un montant de 0,75 euro par action qui doit être versé le 23 mai.

“Hors dividende, le titre monte”, indique ainsi Grégoire Laverne, gérant actions européennes chez Roche Brune AM, qui voit le scénario présenté par BFM Business comme “assez intéressant sur le papier”.

“DÉCARBONISATION”

“L’acquisition de Neoen permettrait à Engie de poursuivre son programme de transformation en initiant un mouvement significatif vers les énergies renouvelables”, explique le gérant.

Dans la présentation de ses résultats 2018, Engie a souligné que les énergies renouvelables étaient de loin le secteur affichant la plus forte croissance à l’horizon 2040, rappelle Grégoire Laverne.

“Il est donc clair que si cette rumeur était avérée, Engie pourrait assez facilement se laisser convaincre afin d’accélérer sa transition vers la décarbonation de son chiffre d’affaires”.

Pour les analystes d’Oddo BHF, l’option d’un rachat de Neoen par Engie serait financièrement envisageable compte tenu d’un paiement en actions mais une telle opération ne résoudrait pas à elle seule la question de l’actionnariat d’Engie, expliquent-ils dans une note.

“L’Etat fait face à un dilemme: la prépondérance d’activités régulées faiblement valorisées d’Engie fait craindre l’entrée d’un actionnaire activiste au capital d’Engie qui souhaiterait pousser pour un démantèlement des activités du groupe. Même avec 10% du capital, la présence de Jacques Veyrat au conseil d’administration d’Engie ne serait pas suffisante pour empêcher un tel scénario”, écrivent les analystes.

“Le renfort de la CDPQ (Caisse de dépôt et placement du Québec, ndlr) ou d’un partenaire financier complémentaire serait obligatoire pour correctement bloquer une éventuelle opération activiste sur le groupe”.

Concernant Neoen, les analystes d’Oddo BHF estiment que l’échange de 51% du capital du groupe avec une prime de contrôle d’environ 20% porterait la valorisation de la société au-delà de deux milliards d’euros.

La capitalisation boursière actuelle de Neoen avoisine 1,7 milliard d’euros.

Blandine Hénault, avec Benjamin Mallet, édité par Wilfrid Exbrayat

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