May 21, 2019 / 9:59 AM / in 3 months

Liikanen et Villeroy bien placés pour remplacer Draghi-UBS

PARIS, 21 mai (Reuters) - Le Finlandais Erkki Liikanen et le Français François Villeroy de Galhau seraient les mieux placés pour succéder à Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne si l’Allemagne obtenait la présidence de la Commission européenne, lit-on dans une note d’UBS.

Le nom du futur président de la BCE est intimement lié aux élections européennes, qui se dérouleront du 23 au 26 mai, puisque toutes les présidences des institutions européennes en jeu seront négociées conjointement dans les mois à venir, écrivent les experts de la banque suisse.

Le Parlement désignera par un vote le président de la Commission, les deux partis dominants, à savoir le Parti populaire européen (PPE) et l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates(S&D) favorisant chacun le principe d’un candidat tête de liste (Spitzenkandidat).

L’affaiblissement annoncé des sociaux-démocrates et des conservateurs, conjugué au renforcement programmé des eurosceptiques, pourrait cependant compliquer la donne.

Le candidat du PPE serait l’Allemand Manfred Weber qui, s’il devenait président de la Commission, barrerait la route de la présidence de la BCE à Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, partisan d’une stricte orthodoxie monétaire, selon UBS, qui juge cette hypothèse comme la plus probable au vu des récents sondages.

“Si l’Allemagne atteint son objectif de nommer le président de la Commission européenne, alors Erkki Liikanen et François Villeroy de Galhau seraient probablement en pole-position pour la présidence de la BCE”, écrivent les analystes d’UBS, qui qualifient le Finlandais d’équilibré et le Français de plus accommodant.

“Si l’Allemagne n’obtenait pas la présidence de la Commission, le mieux placé pour devenir le président de la BCE serait Jens Weidmann, ce qui conduirait, de notre point de vue, à une BCE plus restrictive qu’attendu”, ajoutent-ils.

Le Conseil européen entamera ses délibérations sur la présidence de la BCE immédiatement après les élections européennes.

La décision finale concernant le choix du président de la BCE appartiendra aux chefs d’Etat ou de gouvernement de la zone euro, sur recommandation du Conseil européen et après consultation du Parlement européen et du Conseil des gouverneurs de la BCE.

Le mandat de huit ans de Mario Draghi prendra fin le 31 octobre. Son successeur devra imprimer sa propre marque dans une période délicate, ce qui constitue un facteur d’inquiétude pour les marchés.

La promesse de l’Italien en juillet 2012 de faire “tout ce qu’il faudra” (“whatever it takes”, en anglais) pour sauver l’euro lui a assuré durablement la confiance des marchés en jugulant la crise de la dette.

Depuis, les investisseurs ont salué sa capacité à trancher avec le mode de gestion traditionnel de la banque centrale tout en se jouant des tensions internes et des oppositions externes et en pilotant une communication aussi claire que possible.

Aujourd’hui, la croissance et l’inflation présentent de nouveau des signes de faiblesse alors que la BCE a épuisé son arsenal. Le futur président de l’institution pourrait donc à son tour devoir faire preuve d’audace et remettre en cause certains modèles orthodoxes en matière de politique monétaire.

Patrick Vignal, édité par Blandine Hénault

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