April 26, 2019 / 2:46 PM / 4 months ago

AVANT-PAPIER-Les législatives de dimanche en Espagne s'annoncent très serrées

MADRID, 26 avril (Reuters) - Les élections législatives anticipées de dimanche en Espagne, décidées après le rejet du projet de budget 2019 par le Parlement en février dernier, s’annoncent comme parmi les plus ouvertes depuis des décennies.

Ce scrutin pourrait aboutir à la constitution d’un gouvernement de coalition, ce qui ne s’est jamais produit depuis le retour à la démocratie à la fin des années 1970.

Autre nouveauté, des élus d’extrême droite, ceux du parti Vox, devraient faire leur entrée aux Cortes, ce qui ne s’était pas vu depuis 1982.

Pour la première fois depuis la crise financière de 2008, ce ne sont les questions économiques qui ont dominé les débats, mais les thèmes liés à l’unité de l’Espagne et aux velléités indépendantistes de la Catalogne.

Les élections devraient être suivies d’une longue période de tractations en vue de mettre sur pied un gouvernement de coalition.

Les bureaux de vote fermeront à 20h00 (18h00 GMT) et les résultats devraient être connus avant minuit.

Aucun parti politique ne semble pouvoir remporter suffisamment de sièges pour gouverner seul et les sondages, qui étaient autorisés jusqu’à lundi dernier, annoncent un Parlement très fragmenté.

Le Parti socialiste (Psoe) du président du gouvernement sortant, Pedro Sanchez, est donné en tête avec environ 30% des voix, selon une compilation des derniers sondages réalisée par le quotidien El Pais.

Le Parti populaire (PP, droite) est crédité d’environ 20%, le parti centriste Ciudadanos de près de 14%, Podemos (gauche) d’environ 12% et le parti d’extrême droite Vox d’environ 11%.

LE PARTI SOCIALISTE DONNÉ EN TÊTE

Il faudra toutefois que le Psoe trouve un ou plusieurs alliés.

Le scénario d’une coalition de centre droit reste cependant envisageable, tout comme de nouvelles élections si aucun accord post-électoral ne se dessine. Certains observateurs pensent que les tractations pourraient prendre des mois avant qu’un nouveau chef de gouvernement soit désigné.

D’après les derniers sondages, environ 40% des électeurs potentiels n’avaient toujours pas décidé pour qui ils allaient voter.

Autre incertitude: le score que va réaliser Vox, formation anti-immigration fondée en 2013 et qui a fait son entrée au parlement d’Andalousie en décembre dernier, marquant ainsi le retour de l’extrême droite sur la scène parlementaire après une éclipse de 36 années.

Vox n’ayant actuellement pas d’élus aux Cortes, il n’a pas été invité aux grands débats télévisés de lundi et mardi derniers.

Pour de nombreux analystes, c’est Pablo Iglesias, le dirigeant du parti de la gauche anti-austérité Podemos, qui s’est le plus distingué lors de ces débats, alors que son parti était en baisse dans les derniers sondages.

Les 350 députés des Cortes generales sont choisis dans 52 circonscriptions, dont la taille varie considérablement. Les Espagnols éliront aussi les 208 membres du Sénat, contrôlé par les conservateurs du Parti populaire (PP) depuis 2011.

VERS DE LONGUES NÉGOCIATIONS

D’autres élections locales et régionales sont prévues le 26 mai prochain en Espagne, parallèlement aux élections européennes, ce qui risque de retarder les négociations en vue de former un gouvernement.

Si l’on en croit les prévisions les plus optimistes pour les socialistes, Pedro Sanchez pourrait se maintenir au pouvoir avec un seul allié, Podemos.

Mais selon plusieurs autres sondages, le Psoe et Podemos auront besoin de l’appui d’autres formations, notamment des nationalistes catalans, pour s’assurer une majorité.

C’est déjà le scénario qui a permis l’arrivée au pouvoir de Sanchez en juin dernier, à la suite d’une motion de censure qui a renversé le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy.

La reconduction d’une telle alliance est possible mais dépendra avant tout de ce que les petits partis nationalistes demanderont en échange.

La droite a déjà accusé Sanchez de “trahir” l’Espagne en acceptant de discuter avec les sécessionnistes catalans.

Selon les derniers sondages, le PP, Ciudadanos et Vox ne pourront pas avoir à eux trois de majorité au Parlement.

Une autre possibilité pourrait être une alliance entre le Psoe et Ciudadanos mais le chef du parti centriste, Albert Rivera, a exclu un accord avec Pedro Sanchez, qui a lui-même souligné que cette idée ne figurait pas dans ses projets. (Avec Belen Carreno et John Stonestreet; Guy Kerivel pour le service français)

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