April 26, 2019 / 10:20 AM / 2 months ago

Jordan (BNS) exclut un retour rapide à un taux positif en Suisse

BERNE, 26 avril (Reuters) - La Banque nationale suisse (BNS) doit maintenir sa politique de taux d’intérêt directeur négatif et rester prête à intervenir sur les marchés des changes pour freiner l’appréciation du franc, a déclaré vendredi son président, Thomas Jordan, rejetant ainsi les appels à un retour rapide à un taux positif.

En dépit du ralentissement observé ces derniers mois, l’économie suisse devrait se redresser après avoir stagné au deuxième semestre 2018, a déclaré Thomas Jordan lors de l’assemblée générale annuelle de la banque centrale.

Mais les perspectives d’inflation pour cette année et l’an prochain sont modérées et la situation sur les marchés financiers comme sur les marchés des changes reste “fragile”, a-t-il ajouté.

“Vu le contexte actuel, il est nécessaire et approprié de mener en Suisse une politique monétaire non conventionnelle, basée sur un taux d’intérêt négatif et sur la disposition de la BNS à intervenir au besoin sur le marché des changes”, a-t-il souligné.

Il a dit rester convaincu que les taux d’intérêt suisses finiraient par remonter au-dessus de zéro.

“Je ne peux pas vous donner de date exacte aujourd’hui”, a-t-il reconnu, déclenchant des rires dans l’assemblée de plusieurs centaines d’actionnaires réunis à Berne.

“Le retour aux taux positifs dépendra grandement de la manière dont évolueront l’inflation, la croissance et les cours de change.”

Les taux négatifs de la BNS pénalisent les performances des banques, des fonds de pension et de nombreux produits d’épargne mais ils ont profité à la Suisse pendant les années difficiles qui ont suivi la crise financière mondiale, a rappelé Thomas Jordan.

Renoncer aux taux négatifs aujourd’hui pénaliserait l’économie helvétique en renforçant l’attrait du franc, ferait monter le chômage et conduirait à une baisse des prix sans avoir beaucoup d’impact sur les taux de marché, a-t-il expliqué.

“Au bout du compte, la situation des épargnants, des caisses de pensions, des assureurs-vie et des banques ne bénéficierait guère d’une amélioration significative”, a-t-il dit.

Le président du Conseil de la BNS, Jean Studer, a quant à lui profité de l’AG pour souligner la nécessité de préserver l’indépendance de la BNS.

“La Banque nationale ne peut remplir son mandat légal que si son indépendance en matière de politique monétaire est entièrement garantie. Une banque centrale gagnée par la sphère politique ne serait plus en mesure d’exercer son mandat dans l’intérêt général du pays”, a-t-il déclaré.

John Miller; Marc Angrand pour le service français

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