April 23, 2019 / 7:34 AM / 6 months ago

LEAD 1-Coeuré (BCE) dubitatif sur un taux de dépôt modulé

BERLIN, 23 avril (Reuters) - Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne, s’est montré dubitatif mardi sur l’idée d’un taux de dépôt modulé qui exempterait les banques de toute charge sur leurs réserves excédentaires déposées à la BCE.

Pour le banquier central, les banques devraient réduire leurs coûts plutôt que de rendre le taux négatif de la BCE responsable de la baisse de leurs bénéfices. Et il laisse entendre que la prochaine série de prêts à long terme aux banques se fera avec des conditions moins avantageuses que la précédente.

“Dans la situation actuelle, je ne saisis pas l’argument de politique monétaire en faveur d’une modulation”, déclare-t-il dans une interview publiée par le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung. “Mais nous devons surveiller de près l’évolution de la situation.”

Il rejoint ainsi d’autres responsables de la BCE qui ont aussi exprimé des réserves sur le principe d’un taux de dépôt modulé, qui dispenserait les banques de payer une commission annuelle de 0,40% sur une partie de leurs réserves excédentaires.

Un tel dispositif, déjà instauré au Japon et en Suisse, permettrait à la BCE de maintenir son taux de dépôt en territoire négatif pendant une période prolongée, voire de le réduire encore, sans pénaliser le secteur bancaire.

La BCE a dit qu’elle ne relèverait pas ses taux d’intérêt avant la fin 2019 au plus tôt mais les marchés financiers n’anticipent pas de mouvement avant 2021.

Dans l’interview, Benoît Coeuré prend ses distances avec ces anticipations.

“Nous ne sommes pas liés par de telles anticipations de marché ; elles constituent un apport important, mais cela ne nous lie pas”, explique-t-il, ajoutant voir dans celles-ci le reflet d’une “analyse des risques baissiers qui diffère de celle du Conseil des gouverneurs.”

Benoît Coeuré a aussi indiqué que les modalités des nouvelles opérations de refinancement à plus long terme ciblées (TLTRO), qui seront probablement annoncées en juin, reflèteraient l’amélioration des conditions de crédit depuis le lancement de la précédente série de prêts en 2016.

Il a par ailleurs fait sienne la prévision de la BCE d’un rebond de la croissance, mais avec un degré d’incertitude.

“Nous prévoyons un retour de la croissance au deuxième semestre. Rien ne justifie des idées exagérément noires”, dit-il. “D’un autre côté, la durée de ce retournement et son ampleur restent très incertaines.” (Riham Alkousaa, Véronique Tison pour le service français, édité par Blandine Hénault)

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