April 16, 2019 / 4:00 PM / in 5 months

France-La croissance ralentit mais résiste, selon l'OFCE

* Croissance attendue à 1,5% en 2019, 1,4% en 2020 et 1,2% en 2021

* La relance budgétaire va soutenir la consommation

* Aléas sur le Brexit et l’impact des mesures post “grand débat”

PARIS, 16 avril (Reuters) - La croissance de l’économie française devrait légèrement ralentir cette année, à 1,5% contre 1,6% en 2018, avant de revenir progressivement vers son potentiel, à 1,4% en 2020 et 1,2% en 2021, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Dans un contexte de ralentissement mondial marqué sur fond d’accès de faiblesse de la croissance chinoise, de tensions commerciales et d’incertitudes persistantes sur les conditions de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, la France serait ainsi relativement épargnée, selon l’OFCE.

Ses prévisions, publiées mardi, s’inscrivent en baisse de 0,3 point pour 2019 et en repli de 0,1 point pour 2020 par rapport aux précédentes, publiées par l’Observatoire en octobre avant l’émergence de la crise des “Gilets jaunes”.

Tout comme celles livrées par le gouvernement dans son programme de stabilité 2019-2022, les données présentées par le centre de recherche en économie rattaché à Sciences Po ont été établies indépendamment des mesures susceptibles d’être annoncées après le “grand débat” national organisé en réponse à la crise des “Gilets Jaunes”.

Pour 2019, les nouvelles prévisions sont supérieures aux perspectives dessinées par les grandes institutions internationales pour 2019 - qui tablent sur une croissance de 1,3% - ainsi qu’aux dernières estimations de 1,4% de la Banque de France et du gouvernement.

RÉSILIENCE

Elles s’inscrivent en revanche dans la moyenne pour 2020, les prévisions de la Commission européenne, du FMI, de l’OCDE, de la Banque de France et du gouvernement pour l’an prochain s’échelonnant entre 1,3% et 1,5%.

La résistance de la croissance française cette année malgré un environnement international peu porteur reposera notamment sur une consommation des ménages dynamique (+1,6% après +0,8% en 2018), alimentée par une nette accélération de leur pouvoir d’achat (+2,5% après 1,1% en 2018) en lien avec la “relance budgétaire ciblée sur le pouvoir d’achat des classes moyennes”.

Au total, “la politique budgétaire nationale soutiendra la croissance à hauteur de 0,5 point de PIB (produit intérieur brut) en 2019”, dont 0,3 point en lien avec les mesures en faveur du pouvoir d’achat votées en urgence en décembre, selon les calculs des chercheurs de l’institut.

Au-delà des 10,3 milliards d’euros dégagés par l’élargissement de la prime d’activité, la défiscalisation des heures supplémentaires ou encore l’annulation de la hausse de la CSG pour certains retraités, les ménages bénéficieront également de 1,4 milliard d’euros supplémentaires liés aux mesures décidées auparavant (nouvelle baisse de la taxe d’habitation, baisse des cotisations en année pleine, mais aussi désindexation de la plupart des prestations sociales ou refonte des APL).

A l’échelle d’un ménage, l’OFCE estime le gain à 850 euros en 2019, dont 440 euros liés à l’ensemble de ces mesures socio-fiscales redistributives, ce qui représente la plus forte augmentation du pouvoir d’achat depuis 2007, période de forte croissance et de mise en place de la loi Tepa (Travail, emploi et pouvoir d’achat), emblématique du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

BOND DU POUVOIR D’ACHAT

“Il faut revenir très loin en arrière pour voir un tel package en direction des ménages et notamment les classes moyennes”, a souligné lors d’un point presse Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l’OFCE. “La loi Tepa était importante mais elle était moins ciblée sur les classes moyennes”, a-t-il ajouté.

Ces gains de pouvoir d’achat, auxquels s’ajouterait une hausse du salaire réel en lien avec le ralentissement de l’inflation et la prime exceptionnelle défiscalisée pour les salariés, contribueraient aussi selon l’OFCE à alimenter l’épargne des ménages, qui s’établirait à 15,1% en moyenne sur l’année 2019, soit 0,8 point de plus que la moyenne observée sur la période 2013-2018.

Parallèlement, l’économie française profitera à nouveau cette année d’un investissement des entreprises solide (+3%), alors que l’investissement des ménages devrait s’infléchir légèrement (-0,2%).

A l’inverse, le ralentissement de la demande mondiale - susceptible d’être accentué par un Brexit sans accord ou une aggravation des tensions commerciales - se traduira par un ralentissement de la progression des exportations françaises et l’OFCE s’attend à ce que le commerce extérieur contribue négativement à la croissance cette année.

Au-delà des incertitudes liées à l’évolution de la conjoncture internationale, les mesures qu’annoncera l’exécutif à la suite du “grand débat” et leur financement, de même que la façon dont se soldera la crise des “Gilets jaunes” figurent parmi les éléments qui pourraient faire dévier ce scénario.

Myriam Rivet, édité par Yann Le Guernigou

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