March 4, 2019 / 6:01 AM / in 5 months

RPT-POINT HEBDO-Vers une saine consolidation des marchés d'actions ?

(Répétition sans changement d’une dépêche diffusée vendredi)

* Le rally des Bourses tend à ralentir

* Les marchés sont montés trop haut, alertent certains

* Les indicateurs macroéconomiques commencent à s’améliorer

* La BCE, attendue sur les TLTRO et ses prévisions de croissance

par Blandine Henault

PARIS, 4 mars (Reuters) - Une consolidation des marchés d’actions est-elle en train d’arriver ? Après une impressionnante progression en ligne droite depuis le début de l’année, les indices boursiers commencent à donner des signes d’essoufflement, un répit que beaucoup d’investisseurs jugeraient sain.

Le S&P 500 se dirigeait vendredi vers une quasi-stabilité sur la semaine après quatre semaines consécutives de hausse et un seul repli hebdomadaire depuis le début de l’année. Le scénario est identique pour l’indice mondial MSCI ACWI mais pas pour le Stoxx 600 , qui affichait un gain hebdomadaire de plus de 1%.

L’ensemble des grands indices boursiers mondiaux évoluent désormais au-dessus de leur moyenne mobile à 200 jours, un seuil technique clé qui pourrait justifier des prises de bénéfices.

“Pour aller plus haut, il faut quand même savoir respirer mais le marché a été un peu en mode euphorie”, observe Vincent Ganne, analyste pour Tradingview France.

Le “Fed put” - basé sur la présomption selon laquelle la banque centrale assurera quoiqu’il arrive un soutien aux marchés - et les avancées dans les négociations commerciales entre Washington et Pékin ont alimenté un puissant mouvement haussier, après le brutal mouvement de correction en fin d’année, jugé exagéré par beaucoup d’observateurs.

“Nous alertons sur le caractère suracheté des indices boursiers. Le S&P 500 a gagné 19% en 43 séances, soit sa plus forte séquence haussière depuis 2009”, prévient toutefois Nicolas Chéron, responsable de la recherche marchés chez Binck.fr.

“Ne cédons pas à l’euphorie ambiante car la volatilité est extrêmement basse et il ne manque qu’une étincelle afin qu’une respiration prenne forme.”

Les investisseurs ont encore salué en début de semaine la prolongation de la trêve commerciale, Donald Trump ayant reporté à un calendrier indéfini la date limite fixée initialement au 1er mars pour un accord avec la Chine.

Mais la nouvelle, qui avait déjà été largement anticipée, a très vite donné lieu à des prises de bénéfices. Et les propos du représentant au Commerce, Robert Lighthizer, qui a jugé très sérieux les différends commerciaux entre les deux pays, ont quelque peu refroidi l’optimisme ambiant.

Ni l’audition au Congrès du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, au cours de laquelle il a réitéré le message de patience sur les taux, ni l’annonce d’un PIB américain meilleur que prévu au quatrième trimestre n’ont permis de redonner de l’élan aux Bourses mondiales.

De quoi préfigurer un mouvement de consolidation en mars ? Historiquement, le troisième mois de l’année est plutôt favorable pour le S&P 500, pointent les stratèges de Mirabaud Securities, avec une hausse moyenne de 1,05% depuis 1950.

Mais l’amélioration des indicateurs économiques, notamment aux Etats-Unis, pourrait venir mettre à mal le “Fed put” du début d’année.

“Si la macroéconomie reste solide aux Etats-Unis, voire s’améliore, en quoi une pause de la Fed pourrait-elle être justifiée ?”, pointe Nicolas Chéron.

LA BCE ATTENDUE SUR SES PRÉVISIONS

Alors que certaines prévisions étaient très pessimistes, le ralentissement de l’économie américaine a finalement été moins marqué qu’attendu au quatrième trimestre grâce à la vigueur de la consommation des ménages et de l’investissement des entreprises.

Le PIB a progressé de 2,6% en rythme annualisé sur les trois derniers mois de l’année après +3,4% sur les trois mois précédents.

Un chiffre encourageant avant la publication vendredi prochain du rapport sur l’emploi pour le mois de février aux Etats-Unis.

Les économistes interrogés par Reuters attendent encore 170.000 créations de postes pour le mois dernier, après le chiffre impressionnant de 304.000 enregistré en janvier, qui constituait un plus haut depuis février 2018.

En Europe, certains indicateurs semblent indiquer un début d’amélioration - à l’instar du rebond des ventes de détail en Allemagne - mais le tableau reste globalement morose.

La publication du PIB détaillé pour la zone euro au quatrième trimestre, prévue jeudi, devrait confirmer la faible croissance de 0,2% enregistré par rapport au trimestre précédent.

Selon toute vraisemblance, ce contexte macroéconomique devrait pousser la Banque centrale européenne (BCE) à abaisser ses prévisions économiques, et peut-être d’inflation, à l’issue de sa réunion de politique monétaire jeudi.

En décembre, la banque centrale avait dit tabler sur une croissance de l’économie de la zone euro de 1,7% en 2019 et 2020, puis de 1,5% en 2021.

DU MIEUX POUR L’ÉCONOMIE DANS LES PROCHAINS MOINS ?

“Le consensus est actuellement à 1,3% pour 2019 et 1,4% pour 2020, ce qui suggère également des révisions pour 2020”, indiquent les économistes de Société générale.

Si l’institut de Francfort a mis fin en décembre à son programme de rachats d’actifs, les investisseurs ont déjà fait une croix sur une première hausse des taux cette année et certains estiment même qu’elle pourrait ne pas intervenir avant 2021.

A court terme, la BCE est surtout attendue sur le lancement éventuel de nouvelles opérations ciblées de refinancement de long terme à destination des banques (TLTRO), des mesures déjà discutées lors de la dernière réunion du Conseil des gouverneurs en janvier. Sur ce plan, les économistes de Barclays estiment que des annonces pourraient intervenir entre mars et juin.

D’ici là, la conjoncture européenne aura l’occasion de confirmer, ou non, le début d’amélioration perçu. Les analystes de Deutsche Bank disent s’attendre une amélioration de deux à trois points des indices PMI en zone euro dans les prochains mois.

Mais ils préviennent: “même si les PMI rebondissent conformément à nos projections, notre modèle pointe vers une baisse pour le Stoxx 600 dans les prochains mois étant donné sa récente reprise.”

Édité par Marc Angrand

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