February 28, 2019 / 3:34 PM / 7 months ago

LEAD 1-USA-La croissance a ralenti moins qu'attendu au 4e trimestre

* Croissance de 2,6% en rythme annualisé

* La consommation ralentit mais reste soutenue

* La croissance 2018 légèrement inférieure à l’objectif de 3% de Trump (Actualisé avec précisions, hausse des inscriptions au chômage, commentaire et contexte)

par Lucia Mutikani

WASHINGTON, 28 février (Reuters) - L’économie américaine a ralenti moins qu’attendu au quatrième trimestre, toujours soutenue par la consommation des ménages et l’investissement des entreprises, mais sa croissance sur l’ensemble de l’année 2018 a été légèrement inférieure à l’objectif de 3% affiché par l’administration Trump.

Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 2,6% en rythme annualisé sur les trois derniers mois de l’année après +3,4% sur les trois mois précédents.

Sur l’ensemble de 2018, la croissance a été de 2,9%, le chiffre annuel le plus élevé enregistré depuis 2015, après 2,2% en 2017, une performance qui s’explique entre autres par les 1.500 milliards de dollars de baisses d’impôts décidées par l’administration Trump et par l’augmentation de la dépense publique.

Les économistes et analystes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une croissance de 2,3% en rythme annualisé mais ce consensus avait été établi avant la publication de plusieurs indicateurs qui ont conduit certains à revoir leurs estimations à la baisse.

“Alors que la majeure partie des analystes pariaient sur un véritable effondrement de la croissance américaine (...), c’est un chiffre somme toute convenable qui a été publié”, constate Mirabaud Securities.

“Cela va permettre au président américain de se targuer d’avoir ramené la croissance à près de 3% pour sa première année pleine et à un plus haut de 14 ans.”

DES SIGNES DE RALENTISSEMENT

Les deux premiers mois de cette année ont été marqués par différents signes de ralentissement de l’activité, notamment manufacturière, et de décélération du marché du travail.

Jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties supérieures aux prévisions à 225.000 et le nombre de bénéficiaires d’allocations chômage a atteint son plus haut niveau depuis dix mois au cours de la semaine au 16 février.

Ces signes de ralentissement s’expliquent en partie par la dissipation progressive de l’impact de la réforme fiscale et par les tensions commerciales persistantes entre les Etats-Unis et la Chine.

Ils plaident donc en faveur de l’attitude prudente en matière d’évolution des taux d’intérêt adoptée depuis janvier par la Réserve fédérale, réaffirmée cette semaine au Congrès par le président de la banque centrale, Jerome Powell.

La publication de la statistique du PIB a été retardée par le blocage (“shutdown”) pendant 35 jours entre fin décembre et fin janvier d’une partie des administrations fédérales, qui a perturbé la collecte et le traitement des données économiques.

S’il explique ne pas pouvoir mesurer avec précision les conséquences du “shutdown”, le département du Commerce estime qu’il a amputé d’un dixième de point la croissance du quatrième trimestre. Il ajoute que les chiffres publiés jeudi sont “fondés sur des données incomplètes ou sujettes à révision”.

CONSOMMATION ET INVESTISSEMENT ENCORE DYNAMIQUES

La consommation des ménages a progressé de 2,8% en rythme annualisé sur les trois derniers mois de l’année après +3,5% au troisième trimestre.

L’investissement des entreprises affiche une croissance de 6,7% au quatrième trimestre, alors qu’il ralentissait depuis le premier trimestre de l’an dernier.

Le commerce extérieur a amputé de 0,22 point de pourcentage la croissance du quatrième trimestre après avoir réduit de deux points celle de juillet-septembre.

Les stocks des entreprises ont augmenté de 97,1 milliards de dollars (85,4 milliards d’euros) au quatrième trimestre après une hausse de 89,8 milliards au troisième. Leur évolution représente une contribution positive de 0,13 point à la croissance d’octobre-décembre, après 2,33 points sur juillet-septembre.

Sur les marchés, le dollar a effacé une grande partie de ses pertes face à un panier de devises de référence après la publication de ces chiffres et les rendements des emprunts d’Etat américains se sont orientés à la hausse. Wall Street évoluait en baisse en début de séance.

Tableau:

Lucia Mutikani; Marc Angrand pour le service français Édité par Wilfrid Exbrayat

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