February 28, 2019 / 8:04 AM / 10 months ago

LEAD 1-L'activité manufacturière de la Chine à un plus bas de trois ans

* L’indice PMI manufacturier officiel est tombé à 49,2 en février

* L’industrie pénalisée par la faiblesse de la production

* Les nouvelles commandes à l’exportation ont aussi pesé

par Yawen Chen et Ryan Woo

PEKIN, 28 février (Reuters) - L’activité manufacturière en Chine s’est contractée en février pour tomber à un plus bas de trois ans, les commandes à l’exportation ayant chuté à leur rythme le plus rapide depuis la crise financière, soulignant la faiblesse accrue de la demande.

Cette statistique devrait encore renforcer les craintes d’un ralentissement prononcé de la deuxième économie mondiale, dont la croissance a déjà ralenti l’an dernier à son niveau le plus faible en près de 30 ans.

Ces inquiétudes sont alimentées par le risque que fait peser le conflit commercial avec les Etats-Unis sur l’activité économique chinoise, en dépit des mesures prises par Pékin pour soutenir son économie.

L’indice PMI manufacturier officiel s’est établi à 49,2 en février, après 49,5 en janvier, s’inscrivant sous le seuil de 50,0 qui sépare contraction et expansion de l’activité pour le troisième mois consécutif, selon les enquêtes réalisées par les pouvoirs publics chinois auprès des directeurs d’achats.

Les analystes interrogés par Reuters anticipaient un indice à 49,5, identique à janvier.

“A moins que la guerre commerciale ne se transforme vraiment en une trêve prolongée, la tendance à l’affaiblissement pourrait ne pas s’arrêter rapidement”, prévient Iris Pang, économiste chez ING, dans une note. “Nous nous attendons ainsi à ce que le PMI de mars recule aussi”.

La production manufacturière s’est contractée en février pour la première fois depuis janvier 2009, au plus fort de la crise. Le sous-indice de la production a reculé à 49,5 ce mois-ci contre 50,9 en janvier.

Les industriels continuent de réduire drastiquement leurs effectifs, une tendance que Pékin surveille de près pour évaluer le besoin de nouvelles mesures de soutien à l’économie. Le rythme des réductions de postes a été le plus rapide depuis décembre 2015.

Les nouvelles commandes à l’exportation ont reculé pour le neuvième mois d’affilée. Leur sous-indice a reculé à 45,2, au plus bas depuis février 2009, contre 46,9 en janvier.

Mais le total des nouvelles commandes - un indicateur de l’activité à venir - est repassé en territoire positif, suggérant une amélioration de la demande interne. Le sous-indice a progressé à 50,6 contre 49,6 en janvier, après deux mois consécutifs de baisse.

Les indicateurs conjoncturels en Chine en début d’année sont généralement à prendre avec précaution en raison de l’impact du calendrier de la semaine fériée du Nouvel an lunaire.

Beaucoup d’entreprises réduisent ou interrompent leur activité à cette occasion. Le Nouvel an a eu lieu cette année lors de la semaine du 4 février, mais des employés, dirigeants d’entreprise ou syndicats ont indiqué à Reuters que les entreprises avaient fermé plus tôt que d’habitude cette année en raison de l’impact des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis.

CROISSANCE SOUS 6%

Un volume record de crédits octroyés par les banques et un vif rebond du marché d’actions chinois ont permis récemment une amélioration du sentiment sur la deuxième économie mondiale.

Mais les analystes estiment qu’il faudra des mois que pour les incitations gouvernementales au crédit se traduisent par une amélioration de l’activité des entreprises.

Les indices PMI montrent que les plus petites sociétés ont continué de souffrir en février tandis que les plus importantes - souvent détenues par l’Etat - parviennent tant bien que mal à stabiliser leur activité, en dépit des mesures ciblées pour aider le refinancement des entreprises et accroître leurs capacités.

Certains économistes estiment que la croissance économique chinoise pourrait tomber sous le seuil de 6% au premier semestre - contre 6,4% au quatrième trimestre - avant de se stabiliser sur la deuxième partie de l’année avec les premiers effets des mesures de soutien gouvernementales.

“Le ralentissement du secteur immobilier, la fin du cycle de remplacement des biens durables et le contrecoup de l’anticipation d’exportations restent et resteront des vents contraires”, indique Ting Lu, économiste chez Nomura, dans une note.

Les incertitudes autour des discussions commerciales entre Washington et Pékin constituent aussi un frein.

Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que les deux pays étaient proches d’un accord mais son représentant au commerce, Robert Lighthizer, a prévenu mercredi que le différend commercial entre les deux pays était “trop grave” pour être résolu simplement par l’engagement de Pékin d’acheter plus de biens américains.

La croissance dans le secteur des services a aussi ralenti en février, après avoir rebondi les deux mois précédents, pénalisée par une hausse moins soutenue des nouvelles commandes.

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Principaux indicateurs chinois publiés en février

Blandine Hénault pour le service français, édité par Marc Joanny

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