February 27, 2019 / 7:17 AM / 25 days ago

Un responsable de la BoJ veut stimuler davantage l'économie

TAKAMATSU, Japon, 27 février (Reuters) - Goushi Kataoka, membre du conseil de la Banque du Japon (BoJ), estime que cette dernière doit prendre plus de mesures de stimulation si elle veut atteindre son objectif d’inflation de 2% et juge que maintenir la politique monétaire en l’état trop longtemps pourrait provoquer de brutales fluctuations de la croissance économique.

Kataoka, qui ne cache pas ses préférences pour une politique d’assouplissement monétaire engagée, a également dit mercredi que la BoJ et le gouvernement - ce dernier par le biais de la politique budgétaire - devaient coopérer davantage pour que le Japon mette définitivement un terme à la déflation.

“Si l’assouplissement monétaire en l’état actuel se prolongeait, cela voudrait dire que la période durant laquelle l’économie japonaise serait confrontée à des incertitudes variées serait plus longue”, a déclaré Kataoka devant un parterre de chefs d’entreprise à Takamatsu, dans l’ouest du Japon. “Cela impliquerait qu’atteindre notre objectif de prix serait encore plus incertain”.

“On imagine mal que le public fasse plus confiance à la BoJ pour ce qui est d’atteindre son objectif d’inflation alors que la politique monétaire n’évolue pas en dépit de projections d’inflation par la BoJ revues à la baisse”.

Le gouverneur Haruhiko Kuroda pense au contraire que maintenir la politique moéntaire telle quelle est, est le meilleur moyen d’atteindre l’objectif de hausse des prix sans déstabiliser l’économie.

S’exprimant à Tokyo mercredi, Kuroda a dit cependant qu’il était peu probable que l’objectif d’inflation de 2% soit atteint durant l’exercice fiscal clos le 31 mars 2021.

Cela implique que la BoJ doit continuer de racheter des fonds indiciels (ETF) dans le cadre de son programme de stimulation qui recouvre de massifs rachats d’actifs et un plafonnement à 0% des taux de rendement à long terme.

“Lorsque les conditions d’une inflation à 2% seront en place, nous sortirons (de notre politique ultra-accommodante) et normaliserons la politique monétaire”, a déclaré Kuroda au parlement. “Il est probable qu’il faudra plus de temps pour réaliser notre objectif de prix; nous n’en sommes donc pas à envisager de cesser nos achats d’ETF”.

Kuroda a ajouté que le dénouement éventuel du programme d’assouplissement quantitatif de la BoJ serait “très progressif”.

Des années de soutien massif à l’économie ont fini par assécher la liquidité du marché et par plomber les profits des banques. Malgré cela, l’inflation ne décolle pas et la BoJ est à la traîne de ses homologues aux Etats-Unis et en Europe quant à la procédure de normalisation monétaire.

Elle est donc mal armée pour faire face à une brutale hausse du yen qui pèserait sur une économie largement tournée vers l’exportation.

La banque centrale a revu en baisse sa prévision d’inflation le mois dernier et évoqué une montée des risques liée à un tassement de la demande mondiale, autant d’entraves sur la voie d’une croissance durable voulue par Tokyo.

La BoJ a révisé en baisse sa projection d’inflation mesurée par les prix de détail hors produits alimentaires frais à 0,9%, contre 1,4% auparavant, sur l’exercice débutant le 1er avril prochain, conséquence du tassement des prix pétroliers et des éventuelles retombées du ralentissement de la croissance mondiale.

Cette inflation était de 0,8% en janvier.

Pour l’exercice suivant, la prévision d’inflation a été elle ramenée de 1,5% à 1,4%.

Wilfrid Exbrayat pour le service français

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