February 25, 2019 / 12:28 PM / a month ago

GRAPHES-Un accord commercial Chine-USA, pas une si bonne affaire

PARIS, 25 février (Reuters) - La désescalade des tensions commerciales entre Washington et Pékin et les mesures prises par les autorités chinoises pour stabiliser leur économie ont alimenté le net rebond des marchés boursiers depuis le début de l’année mais un accord sino-américain ne fera pas que des gagnants.

La dynamique de la croissance mondiale peine en effet à justifier une poursuite du redressement généralisé des indices boursiers après la forte correction du dernier trimestre de 2018.

La remontée de l’indice de surprises économiques du G10 en début d’année a favorisé le retournement des marchés d’actions mais elle s’est brusquement interrompue au début du mois de février en raison notamment d’une succession d’indicateurs conjoncturels américains très en dessous des attentes.

La poursuite du rebond boursier malgré ces déconvenues sur le plan conjoncturel s’est largement nourrie des espoirs sur le front commercial, qui n’ont toutefois pas encore permis une détente de l’indicateur d’incertitude sur la politique économique mondiale, compilée par Policy Uncertainty, qui évolue au plus haut depuis dix ans.

Il est vrai qu’un accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis risque de faire beaucoup de perdants, Européens en tête.

Sans même évoquer la perspective de voir l’administration Trump s’en prendre aux exportations de voitures européennes, principalement allemandes, une augmentation des importations de produits américains par la Chine risque de se traduire par un effet de substitution défavorable aux autres grands partenaires commerciaux de Pékin.

Un accord commercial sino-américain qui intégrerait l’offre de Pékin de ramener à zéro en six ans son excédent commercial avec les Etats-Unis, qui atteignait 324 milliards de dollars en 2018, en portant ses importations annuelles de biens américains à 600 milliards en 2024 contre 155 milliards l’an dernier, ne serait pas sans impact sur l’Europe, le Japon ou la Corée du Sud.

Pour les économistes de Barclays, les pays européens dans leur ensemble seraient vraisemblablement les premiers pénalisés par l’évolution des achats chinois au profit des Etats-Unis en raison du poids des Européens dans les importations chinoises d’automobiles et d’aéronautique.

Le Japon serait le deuxième grand perdant en raison de sa part dans les importations chinoises de voitures mais aussi d’électronique et de biens d’équipement, suivi par les pays du sud-est asiatique, dont la Corée du Sud.

D’autres pays comme le Brésil, la Russie, l’Arabie saoudite et l’Australie seraient confrontés à une réduction de leurs exportations d’énergie et de certains produits agricoles, en particulier le soja dans le cas du Brésil.

Signe de l’inquiétude des industriels allemands face à cette réorientation à venir des échanges commerciaux, leur sentiment sur leurs perspectives à l’export mesuré dans le cadre des enquêtes PMI Markit s’est nettement plus dégradé ces derniers mois que l’indice PMI Caixin-Markit des directeurs d’achat du secteur manufacturier chinois, avec lequel il était auparavant plutôt en phase.

Sources :

* China : Not a trade deal for everyone. Global Economics Weekly. Barclays. 22 février 2019.

* Europe : Exposition à la Chine et sentiment des exportateurs. Ecoweek. BNP Paribas. 22 février 2019.

Marc Joanny, édité par Marc Angrand

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