February 25, 2019 / 11:28 AM / a month ago

Edeis candidat au rachat de l'aéroport de Toulouse

TOULOUSE, 25 février (Reuters) - Le groupe français d’ingénierie Edeis s’est porté candidat au rachat des 49,99% de parts de Casil Europe au capital de la société Aéroport Toulouse-Blagnac, gestionnaire de la troisième plateforme régionale française avec 9,6 millions de passagers en 2018, a-t-on appris lundi auprès d’une porte-parole.

Edeis gère déjà 18 aéroports en France et à l’international depuis le rachat en 2016 des actifs français que détenait le Canadien SNC-Lavalin dans des infrastructures régionales.

Dans la région Occitanie, le groupe exploite les plateformes de Nîmes, Tarbes-Lourdes et l’aéroport d’aviation d’affaires de Toulouse-Francazal dont il détient 51% aux côtés d’Aeroport de Toulouse-Blagnac (39%) et de la chambre de commerce et d’industrie de Toulouse (10%).

Son projet serait d’associer les quatre actionnaires publics locaux de la société ATB, la CCI de Toulouse, Toulouse Métropole, la région Occitanie et le département de Haute-Garonne qui conservent 40 %.

Le Département de Haute-Garonne a confirmé avoir été contacté par Edeis qui a évoqué la “possibilité d’un consortium ou d’une entente avec les actionnaires publics”. Une rencontre devrait avoir lieu prochainement.

Dans le dossier toulousain, trois entreprises ou groupements au moins se sont manifestés auprès de la banque Lazard, mandatée par Casil Europe pour recevoir les offres de rachat. On compte notamment Vinci Airports, allié à la Caisse des dépôts Infrastructure et à Predica (groupe Crédit Agricole), le groupe de BTP Eiffage et le réseau Banque Populaire Occitane-Caisse d’Epargne Midi Pyrénées associé à la société de capital investissement Ardian et aux fonds Mirova (Natixis).

L’officialisation de la candidature d’Edeis intervient au moment où des syndicats ont entrepris une action en justice pour demander la mise sous séquestre des actions détenues par Casil Europe au capital de la société Aéroport de Toulouse-Blagnac en vue de bloquer une vente éventuelle à un acheteur privé.

Cette action a été lancée par les unions départementales de la Haute-Garonne des syndicats CGT, Solidaires et FSU qui ont obtenu une audience en référé devant le tribunal de commerce de Paris le 13 mars prochain.

La polémique sur la privatisation de la société ATB a franchi un palier ces dernières semaines lorsque Casil Europe, actionnaire privé issu du consortium chinois Symbiose, a décidé de céder sa participation de 49,99% au capital de la société.

La décision de Casil Europe de revendre ses parts acquises en avril 2015 pour 308 millions d’euros, après avoir perçu près de 30 millions d’euros de dividendes en quatre ans, serait liée au choix de l’Etat de conserver les 10,01% qu’il lui reste au capital d’ATB, affirment plusieurs sources proches du dossier.

Les actionnaires publics de la société Aéroport de Toulouse rencontreront le 6 mars le ministre de l’Economie Bruno le Maire. Ils veulent obtenir de l’Etat la garantie écrite qu’il conservera ses 10,01%. (Johanna Decorse, édité par Yves Clarisse)

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