February 25, 2019 / 11:38 AM / 7 months ago

LEAD 1-La Chine dit avoir atteint son objectif de réduction de la dette

(Actualisé avec citations, appel aux banques pour prêter au privé)

par Yawen Chen et Se Young Lee

PEKIN, 25 février (Reuters) - La Chine a atteint son objectif de réduction de la dette mais continuera de sévir contre les moyens de financement plus risqués ou illégaux afin de prévenir des risques financiers systémiques, a déclaré lundi la commission de régulation des secteurs bancaire et de l’assurance.

Les efforts du gouvernement pour soutenir l’activité ont ravivé les inquiétudes des investisseurs sur les niveaux d’endettement du pays. Le crédit bancaire a atteint de nouveaux records en janvier mais le niveau des créances douteuses a aussi augmenté et les faillites d’entreprises sont au plus haut.

Même si Pékin réaffirme qu’il n’est pas question d’ouvrir à nouveau les vannes en grand comme lors de la crise financière mondiale, les économistes jugent vital d’encourager la croissance du crédit afin de contenir le ralentissement de l’économie.

“Après deux années d’efforts, divers désordres financiers ont été efficacement limités”, a déclaré Wang Zhaoxing, vice-président de la Commission chinoise de régulation de la banque et de l’assurance (CBIRC), lors d’une conférence de presse à Pékin.

“Cela fait mentir les prédictions à l’étranger d’une croissance ‘barbare’ de la finance parallèle et d’une surchauffe du marché immobilier qui pourraient conduire à des risques financiers systémiques et des crises en Chine.”

La Chine n’a jamais révélé d’objectif spécifique pour sa campagne de maîtrise de l’endettement et ne publie pas de statistiques globales sur le sujet.

Mais des documents fournis par la commission de régulation montrent que le niveau d’endettement de l’économie s’est stabilisé en 2018 après une croissance moyenne de plus de 10% au cours des années précédentes.

“Notre niveau d’endettement est fondamentalement stable. C’est un accomplissement formidable”, a déclaré Zhou Liang, un autre vice-président de la CBIRC.

Depuis la dernière phase de ralentissement économique en 2015, les autorités se sont efforcées de combattre les moyens de financement les plus risqués et d’empêcher une hausse explosive de la dette susceptible de menacer la stabilité bancaire de la deuxième économie mondiale.

Mais la pression réglementaire croissante a fait monter les coûts d’emprunt l’an dernier et compliqué l’accès au crédit des petites entreprises, ce qui a contribué au ralentissement de l’économie et incité le pouvoir à remettre l’accent sur le soutien à la croissance.

Les faillites d’entreprises ont atteint un record en 2018 et le ratio de créances douteuses des banques est à son plus haut depuis dix ans; malgré tout, le gouvernement a maintenu la pression sur les grandes banques commerciales afin qu’elles continuent de prêter aux entreprises confrontées à des difficultés “temporaires.”

LES BANQUES PRIÉES DE PRÊTER PLUS AUX PME

Dans un communiqué publié lundi, la CBIRC dit avoir ordonné à toutes les banques du pays d’accroître fortement leurs crédits au secteur privé. Les grandes banques contrôlées par l’Etat, en particulier, sont priées d’augmenter de plus de 30% leurs prêts aux petites et moyennes entreprises (PME).

Le secteur privé compte pour plus de la moitié de la croissance économique chinoise et réalise l’essentiel des créations d’emplois mais les entreprises ont plus de difficultés à obtenir des prêts en raison de la campagne contre la finance parallèle (“shadow banking”), l’une de leurs principales sources de financement.

Les banques chinoises, jugeant le risque crédit plus élevé chez les PME, préfèrent prêter aux gros groupes soutenus par l’Etat.

Les pratiques discriminatoires dans l’attribution de crédits seront désormais interdites, indique la CBIRC dans son communiqué.

Pour sévir contre l’expansion “rampante et aveugle” des établissements financiers, le régulateur a ciblé des pratiques à risque comme le recours excessif aux prêts interbancaires ou à la finance parallèle, moins régulée.

Il demande aussi aux banques de se débarrasser plus rapidement de leurs créances douteuses et encourage les entreprises à convertir leur dette en actions pour assainir leur bilan.

Le montant des actifs à haut risque a été réduit d’environ 12.000 milliards de yuans (1.581 milliards d’euros) en deux ans et les banques se sont délestées de 3.480 milliards de yuans de prêts non performants, a précisé la commission.

Elles ont signé dans le même temps des accords de conversion de dette de plus de 2.000 milliards de yuans, même si les modalités de beaucoup de ces arrangements restent opaques.

En 2017, le Fonds monétaire international (FMI) avait estimé que l’endettement total de la Chine, hors secteur financier, atteindrait près de 300% de son produit intérieur brut (PIB) en 2022, contre 242% en 2016.

Dans un rapport publié l’an dernier, l’agence de notation S&P Global Ratings décrivait l’endettement caché des administrations locales chinoises, d’un montant susceptible d’atteindre 40.000 milliards de yuans, comme un “iceberg de la dette avec des risques crédit ‘titaniques’”.

En tenant compte de ces créances hors bilan des administrations locales, le ratio dette/PIB de la Chine pourrait avoir atteint un niveau “alarmant” de 60% en 2017, selon S&P. (Véronique Tison pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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