February 18, 2019 / 11:27 AM / 5 months ago

Japon-Rachats de titres record pour attirer l'investisseur

* Y6.500 milliards de rachats de titres sur 2018-2019

* Réserves record de Y446.500 mds sur 2017-2018

* Y7.800 mds de rachats de titres sur 2019-2020, dit Goldman Sachs

par Ayai Tomisawa et Alun John

TOKYO/HONG KONG, 18 février (Reuters) - Les rachats de titres par les entreprises ont atteint un montant record au Japon durant l’exercice fiscal en cours et la tendance devrait se confirmer sous la pression des actionnaires et d’un gouvernement qui veut une gouvernance et des rendements meilleurs.

Ces dernières semaines, Softbank Group, Sony , Itochu, entre autres, ont annoncé des rachats de titres dépassant les 1.300 milliards de yens, portant la valeur totale de ces opérations depuis le 1er avril - date du début de l’exercice fiscal 2018-2019 - à plus de 6.500 milliards de yens (52 milliards d’euros).

Alors même que l’exercice en cours n’est pas fini, c’est déjà un montant sans précédent depuis 2003, année où les rachats de titres ont été instaurés, selon le consultant I-N Information Systems.

Les investisseurs reprochent depuis longtemps aux sociétés japonaises de thésauriser plutôt qu’investir leur cash ou en faire profiter leurs actionnaires, ce qui a pour effet de réduire le rendement des fonds propres (ROE).

“On a vu durant le mois écoulé beaucoup d’actions favorables à l’actionnaire de la part d’une grande variété de sociétés japonaises”, observe Seth Fischer (Oasis Management), citant Softbank, Sony, Haseko, Tokyo Tatemono et Toppan Printing.

“Pour attirer l’investisseur étranger, les entreprises doivent poursuivre sur la voie d’augmenter les rendements pour l’actionnaire, tout en continuant d’améliorer leur gouvernance”.

Il est de fait important pour les entreprises nippones d’apaiser des investisseurs étrangers qui ont vendu pour 13.000 milliards de yens d’actions japonaises en 2018, plus de quatre fois les montants de 2015 et de 2016, alors qu’ils en avaient achetées en net pour 1.900 milliards de yens en 2017.

“Les entreprises japonaises qui ont une bonne gouvernance tirent parti de valorisations meilleur marché et parviennent à placer un plancher sous leurs cours de Bourse en rachetant des titres”, dit Archibald Ciganer (T.Rowe Price).

Les autorités japonaises invitent les entreprises nationales à mieux prendre en compte les souhaits de leurs actionnaires, par le biais le plus souvent d’une nouvelle gouvernance. Les directives émises en ce sens l’an passé exhortent les sociétés à mettre l’accent sur leur politique de gestion de trésorerie en particulier.

Selon des données du ministère des Finances, les réserves des entreprises nippones atteignaient un montant record de 446.500 milliards de yens à la fin de leur dernier exercice fiscal.

Le ROE des sociétés japonaises est susceptible de tomber à moins de 10% sur l’exercice clos le 31 mars, sa première baisse depuis trois ans, selon Nomura Securities.

“Beaucoup d’entreprises japonais ont tout simplement trop de cash dans leur bilan, ce qui pèse sur le ROE; une meilleure gestion de la structure du capital s’impose vraiment”, note Kin Chan (Argyle Street Management).

Une révision du code de gouvernance des entreprises adoptée l’an passé, et destinée à réduire les participations croisées, porte aussi les opérations de rachat de titres.

“Dissoudre les participations croisées et augmenter dividendes et rachats de titres sont deux moyens de rendre les entreprises japonaises plus attrayantes pour les investisseurs étrangers”, affirme Patrick Moonen (NN Investments Partners).

Le mouvement de rachat de titres ne semble pas devoir marquer de pause et les analystes de Goldman Sachs pensent qu’ils se monteront à 7.800 milliards de yens sur l’exercice clos le 31 mars 2020.

A l’heure actuelle, 56% des entreprises non financières intégrées à l’indice Topix sont en situation de trésorerie nette positive, ce qui veut dire qu’il leur resterait des réserves si elles remboursaient toutes leurs dettes sur le champ. Aux Etats-Unis et en Europe, la proportion est de moins de 20%, suivant le courtier CLSA.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison

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