February 13, 2019 / 5:01 PM / 3 months ago

LEAD 1-La Fed ne doit pas freiner la croissance par mégarde, dit Bostic

(Actualisé avec nouvelles citations et contexte)

par Padraic Halpin et Graham Fahy

DUBLIN, 13 février (Reuters) - La Réserve fédérale américaine ne doit pas agir trop vite et freiner involontairement l’économie au moment où les entreprises sont confrontées à de multiples incertitudes, a déclaré mercredi le président de la Fed d’Atlanta, Raphael Bostic.

Début janvier, il avait estimé que la Fed devait être patiente en matière de taux d’intérêt jusqu’à ce que les perspectives économiques se précisent; deux semaines plus tard, la banque centrale laissait entendre que les deux hausses de taux prévues cette année pourraient ne pas avoir lieu et s’engageait à être “patiente”.

Mercredi, Raphael Bostic a expliqué que son scénario de base intégrait une hausse de taux supplémentaire dans l’hypothèse où la croissance de l’économie américaine atteindrait 2,5% cette année.

“Je pense qu’il est important que nous n’allions pas trop vite et que nous n’agissions pas d’une manière imprudente qui reviendrait à restreindre involontairement l’économie”, a-t-il dit lors d’un colloque sur le secteur bancaire à Dublin.

“Cette nervosité (des entreprises) a vraiment nourri ma conception de la manière dont nous devons réfléchir. Elle m’a conduit à conclure que nous n’avons pas besoin de nous presser pour revenir à la neutralité, que nous pouvons prendre notre temps pour y parvenir.”

UNE HAUSSE DES DROITS DE DOUANE TOUCHERAIT LES MÉNAGES

Raphael Bostic ne participe pas aux votes sur les décisions de politique monétaire cette année mais son discours de janvier sur la nécessité de la patience a clairement reflété l’évolution de l’état d’esprit au sein des responsables de la banque centrale après une phase de volatilité des marchés et de montée des inquiétudes sur l’évolution de la croissance mondiale.

Le discours tenu le 30 janvier par la Fed, en laissant entendre que le cycle de hausse de taux lancé fin 2015 pourrait toucher à sa fin, a favorisé le rebond des marchés mais les incertitudes persistent sur plusieurs sujets sensibles, parmi lesquels figurent les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

Raphael Bostic a cité mercredi ce dossier parmi les sources potentielles de risque, ajoutant que le ralentissement de l’économie en Chine et dans une moindre mesure en Europe était “assurément significatif”.

A propos du différend commercial sino-américain, il a jugé difficile de prédire la réaction des consommateurs américains à un éventuel relèvement supplémentaire des droits de douane, dont ils ressentiraient directement les effets sur les prix.

“Les entreprises avec lesquelles j’ai parlé m’ont dit qu’à ce stade, elles avaient absorbé les droits de douane qui les ont touchées mais que si une nouvelle hausse avait lieu, elles ne seraient plus en mesure de le faire”, a-t-il expliqué.

“Nous savons, à partir d’une enquête de la Fed, que 40% des ménages américains ne pourraient pas encaisser un choc de 400 dollars. Dans ce contexte, une hausse de 25% (des prix) sur des produits de base modifierait réellement l’équilibre de la situation financière des ménages.”

Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny

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