February 7, 2019 / 1:09 PM / a month ago

LEAD 2-La croissance britannique vers un creux de 10 ans en 2019-BoE

* La BoE abaisse ses prévisions de croissance

* La crainte d’un Brexit sans accord explique son pessimisme

* Elle laisse son taux directeur inchangé

* La livre sterling baisse puis remonte (Actualisé avec précisions, commentaires, réaction du sterling)

par William Schomberg et David Milliken

LONDRES, 7 février (Reuters) - L’économie britannique pourrait connaître cette année son taux de croissance le plus faible depuis 10 ans en raison des effets du Brexit et du ralentissement de l’économie mondiale, a annoncé jeudi la Banque d’Angleterre (BoE), qui a laissé, comme prévu, sa politique monétaire inchangée.

La banque centrale a abaissé sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) de la Grande-Bretagne pour cette année à 1,2% contre une estimation précédente à 1,7% faite en novembre.

Cette révision en baisse de la prévision est la plus importante depuis celle intervenue après le référendum de 2016 sur le Brexit et place la Grande-Bretagne sous la menace de sa plus faible croissance dans les 10 ans qui ont suivi la crise financière.

La Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur à 0,75%, une décision prise à l’unanimité des neuf membres du comité de politique monétaire, comme prévu.

Les marchés s’attendent désormais à voir le taux directeur atteindre 1,1% fin 2021, contre 1,4% après les prévisions de novembre, selon la BoE.

L’institut d’émission a cependant prévenu les investisseurs que les taux pourraient monter plus rapidement en disant qu’elle voyait l’inflation dans deux ans à 2,1%, soit légèrement au-dessus de son objectif de 2%.

LA CRAINTE D’UN BREXIT SANS ACCORD PÈSE

Les incertitudes autour du Brexit et la crainte d’un divorce entre Londres et Bruxelles sans accord expliquent largement le pessimisme de la BoE.

“Le brouillard entourant le Brexit entraîne de la volatilité à court terme dans les indicateurs économiques et, plus fondamentalement, crée une série de tensions dans l’économie et pour les entreprises”, a déclaré le gouverneur de la BoE, Mark Carney.

“Même si de nombreuses entreprises accélèrent leurs dispositifs d’urgence, l’économie dans son ensemble n’est toujours pas préparée à une sortie sans accord et sans transition”, a-t-il ajouté.

La Première ministre britannique Theresa May est arrivée jeudi à Bruxelles, où elle compte demander à l’Union européenne de l’aider à modifier l’accord de Brexit, de manière à obtenir le soutien nécessaire à la Chambre des communes et à permettre un retrait ordonné du Royaume-Uni du bloc communautaire.

La poignée de main peu appuyée qu’a eue Theresa May devant les caméras avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, n’a en rien dissipé la tension qui règne, à 50 jours de la date prévue (le 29 mars à 23h00 GMT) du Brexit et sur fond d’inquiétude croissante face à la perspective d’un retrait du Royaume-Uni sans accord.

LE STERLING TRÈS VOLATIL

Le rendement des emprunts d’Etat britanniques à 10 ans a accentué son repli, touchant un creux de l’année à 1,158%, après les annonces de la BoE.

La livre sterling a creusé ses pertes contre l’euro et le dollar avant de se retourner à la hausse quand Mark Carney a insisté pendant sa conférence de presse sur le fait que la levée des incertitudes entourant le Brexit serait un facteur qui conduirait la BoE a davantage d’optimisme en matière de croissance et d’inflation.

“Sur le court terme, la BoE est sans conteste plus accommodante”, a commenté James Smith, économiste d’ING. “Ils disent toujours de manière subtile que leur préférence serait de relever les taux mais que tout dépend du Brexit.”

Nitesh Shah, directeur de la recherche chez WisdomTree, a estimé pour sa part que les annonces de la BoE étaient moins pessimistes que ce que les marchés attendaient, ce qui expliquerait, selon lui, la réaction du sterling.

Les économistes interrogés par Reuters estiment en majorité que la BoE relèvera ses taux cette année si le scénario du pire est évité pour le Brexit.

Les marchés financiers, en revanche, estiment a à peine plus de 50% la probabilité d’une hausse de taux en 2019.

Patrick Vignal pour le service français, édité par Marc Joanny

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