February 7, 2019 / 6:19 AM / 5 months ago

ENQUÊTE-L'attrait du dollar faiblit, les autres devises en profiteront peu

* Le sondage Reuters reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/fx-polls?RIC=EUR=

* Les graphiques du sondage Reuters tmsnrt.rs/2HWoYzs?eikon=true sur le dollar

* Les graphiques du sondage Reuters tmsnrt.rs/2k8GCSM sur les changes

par Hari Kishan

7 février (Reuters) - Le dollar a perdu de son attrait avec le changement de ton plus accommodant adopté par la Réserve fédérale américaine sur ses taux, estiment les stratèges interrogés par Reuters.

L’an dernier, le dollar s’est très nettement apprécié sur le marché des changes, soutenu par le relèvement des taux de la Fed et la vigueur de l’économie américaine.

Mais le rallye du billet vert s’est essoufflé depuis le mois de décembre et la nouvelle position adoptée par la banque centrale américaine qui se montre désormais plus prudente dans le resserrement de sa politique monétaire face au ralentissement économique mondial.

Le sondage réalisé par Reuters auprès de 70 stratèges sur les changes entre le 31 janvier et le 6 février montre que le dollar devrait rétrocéder cette année la majeure partie de ses gains accumulés en 2018 face aux autres principales devises.

Près de 80% des stratèges qui ont répondu à une question supplémentaire ont estimé que le mouvement de hausse du dollar s’était déjà interrompu, contre une proportion de 60% il y a un mois.

Ceux qui anticipent à l’inverse une poursuite de la hausse du dollar cette année citent la vigueur de l’économie américaine face aux autres pays développés et une réévaluation de la Fed de sa politique monétaire.

Mais la Fed a pour l’heure opté pour la patience, son président Jerome Powell ayant reconnu la semaine dernière que les arguments en faveur d’une poursuite de la hausse des taux s’étaient “affaiblis”.

“Il semble que la conjoncture de 2018 en faveur d’un renchérissement du dollar - surperformance de la croissance américaine, hausse continue des taux de la Fed et resserrement des conditions financières avec la réduction du bilan de la banque centrale - se retourne”, observent les stratèges de Morgan Stanley.

“Les indicateurs économiques avancés aux Etats-Unis tels que la confiance des ménages et des entreprises suggèrent un ralentissement de l’économie et le changement de rhétorique de la Fed fait penser que les taux seront plus bas et le bilan plus important que prévu initialement. C’est un contexte plaidant pour la faiblesse du dollar”.

EURO ET STERLING PEU PLÉBISCITÉS

L’enquête de Reuters auprès des cambistes montre que ces derniers anticipent que les autres grandes devises se renforceront face au dollar cette année.

Mais les gains attendus devraient rester limités par le ralentissement synchronisé de l’économie mondiale qui devrait pousser les grandes banques centrales à rester prudentes.

“La Fed est devenue plus accommodante et ce plus rapidement que ce que nous avions anticipé et a accru les risques que le dollar s’affaiblisse de façon significative”, indique Lee Hardman, chez MUFG.

“Mais il y a d’un autre côté le contexte en dehors des Etats-Unis; les fondamentaux sont toujours faibles et il est difficile de trouver actuellement des devises pour stopper le dollar”.

En zone euro, la croissance économique a nettement ralenti, compliquant la tâche de la Banque centrale européenne qui vient à peine d’entamer la normalisation de sa politique monétaire.

“Peut-être que nous verrons une reprise en zone euro cette année mais les données économiques ne soutiennent pas cette hypothèse. Pour l’instant, il est difficile d’être optimiste sur l’euro”, indique Jane Foley, stratège chez Rabobank.

La devise européenne devrait au mieux effacer le repli de 5% accusé depuis le début de l’année dernière face au dollar. Elle est attendue autour de 1,20 dollar dans l’année qui vient, contre un peu moins de 1,14 mercredi.

“Quand tout semble un peu baissier, pourquoi vendre le dollar?”, s’interroge Jane Foley. “Si vous vendez le dollar, alors vous devez acheter autre chose - que pouvez-vous acheter dans un environnement où la croissance mondiale ralentit et où les perspectives pour les autres devises sont potentiellement plus dégradées ?”

La trajectoire du sterling cette année dépendra principalement de la façon dont le Royaume-Uni parviendra à négocier sa sortie de l’Union européenne.

Les regards se tournent donc plutôt vers les devises émergentes, qui ont déjà rebondi cette année en réaction à la position plus accommodante de la Fed.

“Les devises sur les marchés émergents sont sous-évaluées et devraient bénéficier du changement de discours de la Fed”, estime Petr Krpata chez ING.

Les devises sensibles à l’évolution des cours des matières premières, comme le dollar australien ou le dollar canadien, pourraient également bien se comporter, indique pour sa part Greg Anderson, chez BMO Capital Markets.

Blandine Hénault pour le service français, édité par Juliette Rouillon

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