February 5, 2019 / 10:56 PM / 5 months ago

LEAD 2-France-Revers pour l'exécutif au Sénat sur les privatisations

* Voté à l’Assemblée, le projet de loi Pacte est examiné au Sénat

* Une large majorité de sénateurs rejettent la privatisation d’ADP

* La privatisation de la FDJ également rejetée

* Le produit des cessions doit financer un fonds pour l’innovation (Actualisé avec rejet par le Sénat de la privatisation de la FDJ)

par Gwénaëlle Barzic

PARIS, 5 février (Reuters) - Les sénateurs ont rejeté mardi soir à une large majorité des dispositions du projet de loi Pacte ouvrant la voie à une privatisation de l’opérateur d’aéroports ADP et de la Française des Jeux, infligeant un revers au gouvernement.

Le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises est censé mettre sur les rails un vaste programme de cessions d’actifs publics, dont le produit doit contribuer à alimenter le fonds dédié à l’innovation doté de dix milliards d’euros mais aussi au désendettement de l’Etat.

Il suscite l’hostilité d’une partie de l’opposition qui dénonce une “braderie” des “bijoux de famille”.

Mardi soir, les sénateurs ont supprimé l’article 44 du texte portant sur la privatisation d’ADP avec 246 voix pour cette suppression et 78 contre à la faveur d’une coalition de circonstance réunissant notamment des votes socialistes et républicains.

Cet article doit permettre le transfert au secteur privé d’une majorité du capital d’Aéroports de Paris, dont l’Etat détient 50,6%, un projet qui a reçu le feu vert des députés début octobre.

“ADP constitue un actif hautement sensible et hautement stratégique. C’est la porte d’entrée de la France sur le monde. Il faut absolument garder ce monopole national”, a souligné le sénateur socialiste Martial Bourquin dans un communiqué diffusé après le vote.

Le Sénat, où la droite est majoritaire, a par la suite rejeté également le projet d’ouverture du capital de l’opérateur du loto, la FDJ, détenu aujourd’hui à 72% par l’Etat français.

Si le texte va faire l’objet de nouvelles discussions entre les deux chambres, l’Assemblée nationale ayant le dernier mot, le rejet massif de l’essentiel du volet privatisations constitue un coup dur pour le gouvernement.

“Je maintiens que cette cession d’actifs est essentielle pour notre pays”, a réagi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire qui défend le texte au Sénat à propos d’ADP.

Les discussions au Sénat doivent reprendre mercredi avec notamment l’examen des articles permettant une diminution de la participation de l’Etat dans le fournisseur d’énergie Engie .

Le coup d’envoi des privatisations était censé être donné au printemps 2019 dans la foulée de la loi Pacte et sous réserve de conditions de marché adéquates.

Le français Vinci, qui détient déjà 8% du capital d’ADP et gère plusieurs aéroports en France et dans le reste du monde, a notamment fait part de son intérêt pour l’exploitant des aéroports parisiens. (Gwénaëlle Barzic, édité par Blandine Hénault, Marine Pennetier et Arthur Connan)

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