January 29, 2019 / 11:40 AM / in 6 months

GESTION 2019-Le crédit "high yield" européen réclame du doigté-AllianzGI

PARIS, 29 janvier (Reuters) - Après avoir vécu une année 2018 difficile, le marché européen du crédit à haut rendement (“high yield”) devrait offrir des opportunités aux investisseurs en 2019 à la condition qu’ils fassent preuve de vigilance et de discernement, dit-on chez Allianz Global Investors.

Comme toutes les classes d’actifs, les obligations d’entreprises classées en catégorie spéculative par les agences de notation ont souffert l’an dernier, avec une performance négative et un quasi-doublement des “spreads” qui mesurent l’écart de rendement entre le “high yield” et la dette souveraine.

Si la correction a été particulièrement brutale pour la partie la plus risquée de l’univers, notamment pour des émetteurs comme Vallourec ou Dia, il s’agit plutôt dans l’ensemble d’un retour à la normale lié au retrait du soutien monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), fait valoir Vincent Marioni, directeur Europe des investissements crédit chez AllianzGI.

“Les spreads rémunèrent correctement le risque de crédit, les fondamentaux demeurent solides même s’ils se dégradent légèrement et les coûts de financement demeurent modérés”, a-t-il dit mardi lors d’un point de presse à Paris.

Autre facteur de soutien, la réduction de la taille du marché (20% de baisse par rapport au pic de 340 milliards d’euros en 2015), a-t-il ajouté.

“La rareté de l’offre soutient les prix”, a-t-il expliqué. “Il suffit de peu d’investisseurs pour que les prix remontent”.

Les éléments négatifs ne manquent pas non plus, au rang desquels les risques politiques (Brexit, Italie, élections européennes...), les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, le resserrement des politiques monétaires et le ralentissement économique mondial.

Vincent Marioni y ajoute la perspective d’une augmentation des défauts d’entreprises. Moody’s anticipe ainsi un taux de défaut moyen de 3,04% d’ici à un an, contre 1,29% l’an dernier.

Ce niveau reste toutefois sensiblement inférieur à la moyenne de long terme de 3,70%, tempère-t-il.

“Pour toutes ces raisons, nous privilégions une gestion active des portefeuilles avec une grande réactivité pour éviter les écueils”, dit-il. “Le ‘repricing’ observé en 2018 rend la classe d’actifs attractive à condition que les risques ne se matérialisent pas”.

D’un point de vue sectoriel, AllianzGI reste vigilant sur la distribution, l’automobile, la construction et en particulier les télécoms.

Ce dernier secteur est pénalisé par la baisse du revenu moyen par abonné sur le marché du mobile et des difficultés de trésorerie pour certains émetteurs, à un moment où les économies de coûts et les synergies ne soutiennent plus les marges, ce qui pourrait contraindre certains acteurs à céder des actifs, explique Jean-Baptiste Teissier, analyste crédit pour la société de gestion.

LE POINT sur les perspectives de marché 2019 des gérants et stratèges (Patrick Vignal, édité par Blandine Hénault)

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