September 13, 2018 / 1:50 PM / 6 days ago

RPT-GESTION-Pas de panique sur l'obligataire malgré les secousses-Standish

* Les espoirs de début d’année se sont envolés

* Les émergents souffrent particulièrement

* La volatilité ne va pas disparaître

* Des risques mais aussi des opportunités

PARIS, 13 septembre (Reuters) - Les investisseurs en obligations ont dû déchanter après un début d’année plein de promesses mais ils ne doivent pas pour autant céder à la panique, le repli récent et la volatilité ambiante créant même des opportunités à saisir, estime David Leduc, directeur des investissements sur cette classe d’actifs chez Standish (BNY Mellon).

Les obligations avaient le vent en poupe en début d’année, les gestionnaires d’actifs allant même jusqu’à recommander des choix très risqués comme la dette émergente en monnaie locale.

Un peu plus de huit mois plus tard, les tensions commerciales, le risque politique et les effets du resserrement monétaire en cours aux Etats-Unis pèsent sur cette classe d’actifs, avec en particulier des mouvements massifs de décollecte sur les fonds émergents.

Pas question cependant d’agiter un chiffon rouge, dit-on chez Standish Mellon.

“Il y a eu beaucoup de mauvaises surprises cette année, comme les tensions commerciales, l’Argentine et la Turquie ou encore le ralentissement économique en Europe au premier semestre mais l’économie globale continue de croître au rythme attendu”, a déclaré David Leduc lors d’une conférence jeudi à Paris.

“Pour cette raison, la forme de panique que nous observons en ce moment sur les marchés financiers ne nous paraît pas justifiée”, a-t-il ajouté.

La volatilité ne va pas s’en aller, offrant à la gestion active l’occasion de montrer ses talents, et le recul des prix des obligations émergentes rend leur valorisation attractive pour ceux qui sont disposés à prendre des risques, font valoir les experts de la banque américaine.

Les émergents, frappés de plein fouet par la hausse des taux et la vigueur du dollar, souffrent particulièrement avec certains pays déjà en crise, comme l’Argentine et la Turquie, et d’autres juste au bord, comme le Brésil, soulignent-ils, sans écarter un risque de contagion.

ATTENTION À L’INFLATION AMÉRICAINE

“L’un des risques sur les perspectives de cette classe d’actifs est de savoir comment l’appétit pour le risque va s’adapter à un régime de volatilité élevée”, a dit David Leduc.

La volatilité est alimentée en outre par les tensions commerciales entre les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux, qui ne vont pas disparaître dans un avenir proche, a-t-ajouté.

“Il y a quand même un élément à prendre en compte qui est que certains secteurs comme l’agriculture ou l’industrie, où Trump compte de nombreux partisans, sont en première ligne et vont pousser pour un accord”, a-t-il dit.

D’autres mauvaises surprises sont possibles dans les prochains mois, notamment une accélération plus forte que prévu de l’inflation aux Etats-Unis, même si la Réserve fédérale semble avoir la situation bien en main, selon David Leduc.

Même le fait de voir l’Argentine s’enfoncer dans la récession ne l’inquiète pas outre mesure.

“La situation est compliquée mais sera temporaire”, a-t-il dit. “Le gouvernement fait les bons choix budgétaires et il a le soutien du Fonds monétaire international”.

Les choix budgétaires de l’Italie pourraient être moins appréciés par les marchés mais là encore, pas de quoi faire paniquer David Leduc.

“Si les spreads de crédit s’écartent, cela offrira des opportunités”, a-t-il dit.

Patrick Vignal, édité par Marc Angrand

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