September 11, 2018 / 5:07 PM / 9 days ago

France-Le déficit public prévu à 2,8% du PIB en 2019

* Un déficit public maintenu sous 3% du PIB

* 25 milliards d’euros de dépenses publiques en plus l’an prochain

* La dette culminera à 98,7% du PIB

*

PARIS, 11 septembre (Reuters) - Le déficit public de la France devrait remonter à 2,8% du produit intérieur brut l’an prochain après 2,6% cette année et la dette publique culminer à 98,7% de la richesse nationale en 2018 avant de légèrement diminuer à 98,6% en 2019, a-t-on appris mardi de sources proches des ministères de l’Economie et des Comptes publics.

Ces prévisions, qui figureront dans le projet de loi de Finances (PLF) 2019 présenté le 24 septembre, reposent sur un scénario de croissance de l’économie ramenée à 1,7% en 2018 comme en 2019, a-t-on précisé de même source.

Le gouvernement veut montrer ainsi sa volonté de respecter ses engagements européens, alors que la France vient tout juste de sortir d’une procédure de déficit excessif initiée par Bruxelles en repassant sous la barre des 3% de déficit/PIB fin 2017 pour la première fois depuis dix ans.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, a jugé en fin de semaine passée “très important que la France ne dépasse pas la limite de 3% en 2019 et continue à montrer une volonté de réduire ses déficits structurels”.

Le gouvernement misait sur un déficit public à 2,3% du PIB cette année puis 2,4% en 2019 dans le programme de stabilité des finances publiques transmis à la Commission européenne en avril, mais sur la base d’une croissance attendue alors à 2,0% en 2018 puis 1,9% en 2019.

Le net ralentissement de l’activité intervenu au premier semestre, avec des hausses trimestrielles du PIB limitées à 0,2%, l’a contraint à oublier ce scénario pour revenir à celui qui prévalait lors de la préparation du PLF 2018 à la fin de l’été 2017, à savoir un taux de croissance de 1,7% pour cette année et celle à venir .

Dans ces conditions, le Premier ministre Edouard Philippe a averti fin août que le déficit public enregistrerait un rebond en 2019, sachant aussi qu’il serait impacté, pour 0,9 point, par la transformation programmée du crédit d’impôt compétitivité emploi en baisse de charge.

LA DETTE CULMINERA À 98,7% DU PIB

S’est ajoutée depuis l’annonce du reclassement, avec effet rétroactif à 2016, de SNCF Réseau en administration publique, avec un impact annuel de l’ordre de 0,1 point de PIB sur les déficits globaux.

Au bout du compte, le déficit public remontera à 2,8% l’an prochain après 2,6% cette année et 2,7% en 2017.

La trajectoire de la dette publique est elle aussi modifiée par tous ces éléments et Bercy la voit culminer à 98,7% du PIB cette année après 98,5% fin 2017, puis légèrement diminuer à 98,6% en 2019. Elle serait ramenée à 92,7% à l’horizon de fin 2022, une baisse supérieure à l’objectif de cinq points en moins promis sur la durée du quinquennat.

De sources proches des deux ministères, on confirme que les autres engagements - -3 points de dépense publique, -2 points de déficit public et -1 point de prélèvements obligatoires, le tout rapporté au PIB - restent d’actualité.

Dans l’immédiat, la dépense publique 2019 devrait se situer à 55,6% du PIB en 2019, contre 56,3% en 2018 et 56,5% en 2017.

Ces évolutions reposent sur une évolution des dépenses en volume, une fois l’inflation (hors tabac) prise en compte, “proche de zéro” cette année, la hausse des prix s’avérant plus forte que prévu lors de la préparation du budget 2018, et de 0,6% l’an prochain.

En valeur absolue, elles progresseraient ainsi de l’ordre de 25 milliards d’euros en 2019 après quelque 20 milliards en 2018, et ce sur la base d’une inflation attendue à 1,4% (1,3% hors tabac) en 2019 après 1,8% (1,6% hors tabac) en 2018.

Ces évolutions traduisent, selon Bercy, un effort structurel de 0,1 point de PIB sur la dépense cette année puis 0,3 point en 2019, des niveaux qui pourraient être jugés insuffisants par la Commission européenne.

Ils feront l’objet de discussions avec Bruxelles mais Bercy souligne qu’il existe sur ce point dans les règlements européens des “flexibilités liées aux réformes qui sont mises en oeuvre”. (Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet)

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