September 5, 2018 / 12:54 PM / 18 days ago

LEAD 1-France-Emmanuel Macron appelle le gouvernement à "tenir"

* Séminaire gouvernemental au lendemain d’un remaniement

* Plans pauvreté et de l’hôpital présentés courant septembre

* La réforme constitutionnelle au Parlement au plus tard cet hiver

* Edouard Philippe fustige les “gardiens du temple” (Actualisé avec déclarations Philippe, précisions, contexte)

PARIS, 5 septembre (Reuters) - Emmanuel Macron, qui a connu un été et une rentrée mouvementés, a appelé mercredi les membres du gouvernement à “tenir” face aux “défis” à venir, soulignant que l’effet des réformes menées depuis le début de son quinquennat prendrait du temps.

Au lendemain d’un mini-remaniement provoqué par les démissions surprises de Nicolas Hulot (Transition écologique) et Laura Flessel (Sports), le chef de l’Etat a prononcé quelques mots au début du conseil des ministres en présence - fait rare - de photographes et de caméras.

“Beaucoup de choses nous attendent avec énormément de défis et le semestre qui s’ouvre ne sera pas ni plus tranquille ni plus oisif que celui qui précède, avec du sens à donner, avec des transformations concrètes à conduire”, a-t-il déclaré.

“Avec une difficulté qui va avec ces grandes transformations qui est que rien de ce que nous entreprenons depuis quinze mois n’est fait pour l’immédiat, sur la pression de l’immédiat”, a-t-il souligné. “Rien n’est fait pour simplement donner plus d’argent à l’un tout de suite ou régler des problèmes - qui ne sont pas réglés parfois depuis des décennies - de manière facile, c’est pour ça que dans ces périodes il faut tenir, expliquer et avec force mener ce combat”.

Le conseil des ministres, auquel participaient pour la première fois les successeurs de Nicolas Hulot et de Laura Flessel, François de Rugy et Roxana Maracineanu, a été suivi d’un séminaire gouvernemental au cours duquel les chantiers des prochains mois ont été évoqués.

PLANS SANTÉ ET HÔPITAL COURANT SEPTEMBRE

Initialement prévue pour début juillet, la présentation de la stratégie gouvernementale de lutte contre la pauvreté sera présentée le 13 septembre par Emmanuel Macron pour une mise en oeuvre “au 1er janvier 2019”, a annoncé Edouard Philippe lors d’une conférence de presse à l’issue de la rencontre.

L’annonce de son report, dû selon certaines sources à la Coupe du monde de football, avait été durement critiquée par l’opposition qui accuse Emmanuel Macron de mener une politique favorable aux plus aisés.

Très attendue par un secteur à bout de souffle, la réforme de l’hôpital sera quant à elle présentée le 18 septembre et certaines de ses décisions seront traduites dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2019, a ajouté le Premier ministre.

Parmi les autres chantiers attendus, le plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) sera comme convenu examiné d’ici la fin du mois de septembre à l’Assemblée nationale.

Ce texte doit permettre, selon le gouvernement, de favoriser la croissance des entreprises, tout en associant davantage les salariés à leurs résultats.

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, la réforme des institutions a été la victime collatérale de l’affaire Benalla, qui a poussé le 23 juillet le gouvernement à suspendre jusqu’à la rentrée l’examen du volet constitutionnel. Elle devrait être examinée “au plus tard” cet hiver, a précisé Edouard Philippe.

En matière de justice, la garde des Sceaux Nicole Belloubet présentera le 12 septembre le plan prison et le projet de loi de programmation pour la justice sera examiné à partir d’octobre.

Parallèlement à ces projets de loi, une réflexion sera engagée sur la question de la dépendance, avec le lancement de groupes de travail début octobre et un projet de loi en 2019.

“GARDIENS DU TEMPLE”

Un mois après l’affaire Benalla, première crise d’ampleur du quinquennat, l’exécutif a connu une rentrée agitée rythmée par les propos d’Emmanuel Macron sur le “gaulois réfractaire”, la nomination de l’écrivain Philippe Besson au poste de consul de France à Los Angeles - perçue comme un “fait du prince” - ou encore une mise en garde du “Monsieur patrimoine”, Stéphane Bern.

Dans les sondages, le chef de l’Etat voit sa cote de popularité chuter. Selon une étude Ifop pour Paris Match et Sud Radio publiée mardi, seuls 31% des Français déclarent approuver son action, contre 41% en juillet. A titre de comparaison, François Hollande rassemblait 32% d’opinions positives à la même période et Nicolas Sarkozy 41%.

“Comme beaucoup de Français, j’ai toujours trouvé que la rentrée était une période jamais complètement simple mais le gouvernement est là et au boulot”, a déclaré Edouard Philippe.

“Les oppositions nous aimeraient immobiles, elles font même mine de penser que nous pourrions être hésitants” mais la détermination du chef de l’Etat et du gouvernement est “complète” et le cap et l’”intensité” des transformations seront maintenus, a-t-il assuré.

“Dans les mois qui viennent la transformation du modèle économique et social va être au coeur de l’action gouvernementale”, a-t-il ajouté. “Les Français ne sont pas dupes, ils sont légitimement attachés au modèle français de Sécurité sociale et à tous les éléments de solidarité (...) ils souhaitent que nous puissions avancer, contrairement à un certain nombre de gardiens du temple qui prétendent défendre ce modèle en refusant de le moderniser.” (Marine Pennetier et Jean-Baptiste Vey, édité par Sophie Louet)

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