August 10, 2018 / 8:49 PM / 4 days ago

POINT MARCHÉS-Wall Street finit en baisse, la crise turque pèse

(Actualisé avec autres actifs)

* Le Dow a perdu 0,77%, le S&P-500 0,70%% et le Nasdaq 0,75%

* Les droits de douane US sur l’acier et l’aluminium turcs doublés

* La livre turque chute, le dollar grimpe

* Bancaires et techs pèsent sur la cote

* Intel lâche 2,60%

par Caroline Valetkevitch et James Thorne

NEW YORK, 10 août (Reuters) - La Bourse de New York a fini en baisse vendredi, pénalisée par les tensions diplomatiques et commerciales entre Washington et Ankara qui ont fait chuté la livre turque, plombé les valeurs bancaires et poussé les investisseurs vers des actifs refuges.

L’indice Dow Jones a perdu 196,02 points, soit 0,77%, à 25.313,21.

Le Standard & Poor’s 500, plus large, a reculé de 20,31 points, soit 0,71% à 2.833,27 et le Nasdaq Composite a cédé 52,67 points, soit 0,67%, à 7.839,11.

Sur la semaine, le Dow a perdu 0,6% et le S&P-500 0,3%, affichant tous les deux leur première baisse hebdomadaire après cinq semaines d’affilée de hausse. Le Nasdaq a lui progressé de 0,3%.

La livre turque a chuté à un plus bas record face au dollar, accusant un repli de 18%, avec l’escalade des tensions diplomatiques et commerciales entre la Turquie et les Etats-Unis.

Les frictions entre les Etats-Unis et la Turquie se sont accentuées depuis le placement en résidence surveillée d’un pasteur évangéliste américain, Andrew Brunson, soupçonné de terrorisme par les autorités turques.

Ce différend diplomatique a nourri l’inquiétude des investisseurs étrangers, déjà alimentée par l’autoritarisme croissant du président Recep Tayyip Erdogan.

LES BANCAIRES PLOMBÉES

Vendredi, le président américain Donald Trump a accentué la pression en annonçant le doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium turcs.

“La crise monétaire est en réalité une crise bancaire, la Turquie doit tellement d’argent à tant de banques différentes, qu’il existe un risque de contagion potentiel”, estime David McKnight, conseiller chez David McKnight & Co.

Citigroup a abandonné 2,40% et Bank of America 1,30%. JPMorgan a reculé de 1% et Wells Fargo de 0,67%.

Le compartiment des financières a fini en repli de 1,2%, parmi les plus fortes baisses sectorielles du S&P-500.

Les valeurs sensibles aux tensions commerciales ont également accusé le coup, pesant sur le Dow. Caterpillar , 3M et Boeing ont perdu plus de 1%

Avec un recul de 0,8%, les valeurs technologiques ont aussi pesé sur la cote, Intel, plus forte baisse du Dow, s’inscrivant en repli de 2,60%. Goldman Sachs a abaissé sa recommandation sur le fabricant de semi-conducteurs à “vendre” contre “neutre”.

Microchip a lâché 10,9%, parmi les plus mauvaises performances du S&P-500, après l’annonce d’une prévision de chiffre d’affaires inférieur au consensus.

Quelque 6,7 milliards d’actions ont changé de mains sur les marchés américains, à comparer avec 6,4 milliards de dollars au cours des 20 dernière séances.

AVERSION AU RISQUE

Les investisseurs se sont orientés vers les valeurs refuges, comme le dollar et les emprunts d’Etat.

“C’est un mouvement d’aversion au risque classique”, estime Quincy Krosby, responsable de la stratégie chez Prudential Financial. “On s’inquiète des dommages collatéraux. On s’inquiète des effets sur l’Europe. Les banques cèdent du terrain parce le rendement des Treasuries à dix ans a baissé.”

Le dollar a atteint un plus haut depuis juillet 2017 face à un panier de devises de référence, dépassant la barre des 96.

Parallèlement l’euro a enfoncé le support technique de 1,15 dollar à 1,1339 dollar, au plus bas depuis juillet 2017. Selon le Financial Times, la Banque centrale européenne (BCE), qui a refusé de commenter, est préoccupée par l’exposition au marché turc de certaines banques, et en particulier BBVA, UniCredit et BNP Paribas.

Le yen a également joué son rôle de valeur refuge, touchant un pic d’un mois face au billet vert à 113,38.

Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts du Trésor à 10 ans a baissé à un plus bas de trois semaines, à 2,855%.

Ce contexte de fortes tensions diplomatiques et commerciales a relégué au second plan la hausse des prix de détail aux Etats-Unis en juillet, alimentant une tendance de fond au renforcement des pressions inflationnistes.

Sur le front pétrolier, les cours étaient orientés à la hausse, les craintes d’un resserrement de l’offre après l’entrée en vigueur des sanctions américaines contre l’Iran compensant celles d’un ralentissement économique mondial dû à l’escale des tensions commerciales internationales.

Le brut léger américain <CLc1 > et le Brent se traitaient au-dessus de 67 dollars et 72 dollars le baril, mais affichaient tous les deux un repli sur la semaine. (Avec Amy Caren Daniel Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français)

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