July 27, 2018 / 11:50 AM / 3 months ago

Tension au sein du gouvernement italien sur la LGV Lyon-Turin

ROME, 27 juillet (Reuters) - Le dirigeant de la Ligue et ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, également vice-président du Conseil, s’est prononcé vendredi en faveur de la poursuite du projet de liaison ferroviaire à grande vitesse (LGV) entre Lyon et Turin, malgré les réticences de ses partenaires du Mouvement 5 Etoiles (M5S).

La LGV doit relier sur 270 km l’ancienne capitale des Gaules à celle du Piémont. Son coût, initialement estimé à 9,6 milliards d’euros, s’élèverait désormais à 26,1 milliards d’euros, selon le ministre italien de l’Infrastructure, Danilo Toninelli, membre du M5S, qui a dénoncé cette semaine un gigantesque gaspillage d’argent public et veut renégocier le projet avec la France.

Deux journaux italiens rapportent vendredi que le président du Conseil Giuseppe Conte est d’accord avec le M5S pour un abandon du projet.

Les services de Conte ont démenti, parlant simplement d’un réexamen des coûts et des avantages de la ligne projetée.

Matteo Salvini a confirmé sur Radio24 que ce réexamen était en cours.

“Si, par hasard, il ressort d’une analyse officielle que nous n’avons pas besoin de cette ligne, cela ne coûtera-t-il pas plus cher d’annuler le projet que de le poursuivre ?”, s’interroge le ministre italien de l’Intérieur. “A mon avis, il vaut mieux aller de l’avant”, ajoute-t-il.

Selon les termes de l’accord conclu en 2016, l’Union européenne a accepté de payer 40% de la facture, l’Italie 35% et la France 25%.

Jusqu’ici, l’Italie a dépensé 400 millions d’euros pour des travaux préparatoires et pourrait être frappée de lourdes pénalités de la part de Paris et de Bruxelles si elle se retire du projet.

Après son élection l’an dernier, le président français Emmanuel Macron avait brièvement demandé une suspension du projet avant de confirmer l’engagement de Paris.

Les deux pays ont annoncé en septembre dernier que les travaux de la ligne étaient presque achevés et que ceux du tunnel de 57 km de long sous les Alpes allaient bientôt pouvoir commencer.

Le dirigeant du Parti démocrate (PD) Maurizio Martina, aujourd’hui dans l’opposition, a estimé que l’Italie, en cas de retrait, pourrait être frappée d’une pénalité de deux milliards d’euros et se voir interdire toute participation à des infrastructures européennes pendant cinq ans.

“C’est toute la nation qui paiera si on fait la folie de renoncer à la ligne entre Turin et Lyon”, a-t-il averti sur Twitter. (Crispian Balmer avec Massimiliano Di Giorgio; Guy Kerivel pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below