July 24, 2018 / 6:25 AM / in 2 months

LEAD 3-PSA-Nouveau record de marge, Opel renoue avec les bénéfices

* Résultats supérieurs aux attentes malgré les changes, les matières premières et l’Iran

* Les marques historiques à 8,5% de marge opérationnelle

* Opel-Vauxhall gagne de l’argent pour la 1ère fois depuis 1999

* L’action bondit, retrouve son niveau de 2008 (Nouvelle version, détaillée)

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS, 24 juillet (Reuters) - PSA a inscrit au premier semestre un nouveau record de marge opérationnelle courante pour son pôle historique Peugeot-Citroën-DS (PCD) et a ramené sa nouvelle division Opel-Vauxhall dans le vert, portant l’action du constructeur automobile à un plus haut de dix ans.

Le groupe sochalien, qui profite toujours de l’engouement pour ses très rentables SUV, notamment le Peugeot 3008, a fait état d’une marge opérationnelle courante de 8,5% pour sa division PCD, un nouveau plus haut historique après le précédent record de 7,3% inscrit un an plus tôt.

A 12h50, l’action du groupe flambe de 10,77% à 22,63 euros, soit sa meilleure performance sur une séance depuis le 29 avril 2014 et l’augmentation de capital qui devait redresser le groupe sous la houlette de Carlos Tavares, président du directoire.

Le titre, qui a gagné jusqu’à 12,5% en début de séance mardi, renoue ainsi avec ses niveaux de la mi-2008. Il valait moins de 4 euros à la fin 2012.

“Qui aurait pu penser qu’un constructeur automobile français serait en mesure de produire une marge plus en ligne avec les premiums allemands ?”, commente Evercore ISI dans une note. “Et Opel semble renaître de ses cendres.”

L’ancienne division européenne de General Motors, que PSA consolide depuis le 1er août 2017, a affiché un bénéfice opérationnel courant de 502 millions d’euros sur les six premiers mois de l’année, soit une marge de 5%, alors que les résultats 2017 du constructeur français faisaient apparaître pour sa nouvelle filiale une perte de 179 millions.

Au premier semestre, Opel-Vauxhall est parvenue à dégager un free cash flow opérationnel courant de 1,16 milliard d’euros, après une hémorragie de 1,4 milliard l’an dernier.

“Opel-Vauxhall a commencé à déployer son potentiel, son redressement est maintenant clairement engagé”, a déclaré Jean-Baptiste de Chatillon, directeur financier de PSA, au cours d’une téléconférence.

OBJECTIFS CONFIRMÉS

Carlos Tavares a appliqué à l’ex-filiale de GM, qui n’avait pas gagné d’argent depuis 1999, le même remède qu’à PSA, sauvé de la banqueroute en 2014.

Le rebond d’Opel est dû surtout à des réductions drastiques de 28% des coûts fixes, comme les dépenses de marketing, ainsi qu’à une avancée rapide vers l’objectif de 700 euros d’économie sur la fabrication d’une voiture - selon Evercore, la filiale a d’ores et déjà attteint 200-250 euros.

A l’échelle du groupe, le chiffre d’affaires a grimpé de 40,1% au premier semestre à 38,6 milliards d’euros, supérieur au consensus Inquiry Financial pour Reuters qui donnait 38,5 milliards.

Le bénéfice net, part du groupe, a augmenté de 18% à 1,48 milliard d’euros tandis que le bénéfice opérationnel a bondi de 48,1% à 3,017 milliards, battant là aussi le consensus qui donnait respectivement 1,36 milliard et 2,33 milliards.

“Le groupe démontre depuis 2014 sa capacité constante à améliorer sa rentabilité, son efficacité ainsi que ses volumes de ventes, malgré un contexte difficile”, a déclaré le président du directoire Carlos Tavares, cité dans le communiqué de résultats.

PSA a amélioré ses résultats malgré des effets de changes et de matières premières négatifs au premier semestre, et une dégradation à -750 millions d’euros du poste produits et charges opérationnels non courants.

Cette dernière reflète l’accord de restructuration signé chez Opel en mai (-406 millions d’euros) et de provisions pour dépréciation (-168 millions d’euros) correspondant à la suspension de ses activités en Iran dans le sillage de l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.

PSA a confirmé ses prévisions de marché pour 2018 et les objectifs de moyen terme de son plan stratégique, que les observateurs jugent de plus en plus prudents.

Après la publication du premier semestre, les analystes de Jefferies s’attendent à une révision importante du consensus de résultats des analystes. PSA a répété qu’il ferait un point sur ses objectifs à moyen terme début 2019.

Le communiqué et la présentation : bit.ly/2LD85ue

Avec Blandine Hénault, édité par Dominique Rodriguez

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