June 9, 2018 / 2:14 PM / 6 months ago

LEAD 3-G7-Déclaration commerciale commune malgré les critiques de Trump

* Trump: “On profite des Etats-Unis depuis des dizaines d’années”

* Il y aura un communiqué commun, disent la France et l’Allemagne

* Mais pas sur le climat, souligne Angela Merkel

* La déclaration conjointe ne règle pas tout-Emmanuel Macron (Actualisé avec citation, précisions)

par Roberta Rampton et Jean-Baptiste Vey

LA MALBAIE, Canada, 9 juin (Reuters) - Les chefs d’Etats et de gouvernement réunis au sommet du G7 sont parvenus samedi à se mettre d’accord sur une déclaration commune sur le commerce malgré les critiques de Donald Trump contre des pratiques qu’il juge injustes envers les États-Unis.

Les dirigeants ont décidé de réformer l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de lutter contre le protectionnisme.

“On profite des Etats-Unis depuis des dizaines et des dizaines d’années, cela ne peut pas continuer ainsi. Nous sommes comme une tirelire que tout le monde vole”, a déclaré Donald Trump lors d’une conférence de presse peu avant de quitter le sommet qui réunit les sept pays les plus puissants de la planète (Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, France, Italie, Allemagne et Japon).

“Il faut que cela s’arrête maintenant ou nous arrêterons de commercer avec eux (les autres pays)”, a ajouté le chef de la Maison blanche qui est parti avant la fin pour se consacrer au sommet historique qu’il aura mardi avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

La chancelière allemande Angela Merkel n’a pas caché qu’il y avait des divergences entre les Etats-Unis et les six autres membres du G7, mais a déclaré qu’une déclaration commune sur le commerce devrait être publiée à l’issue du sommet, qui s’est tenu vendredi et samedi à La Malbaie, au Québec.

“Pour nous, il est important d’avoir un engagement sur un ordre commercial qui soit fondé sur des règles, que nous continuions à lutter contre le protectionnisme et que nous voulions réformer l’OMC”, a déclaré Angela Merkel aux journalistes.

L’accord trouvé samedi sur le commerce est important mais ne règle pas tout, a pour sa part déclaré Emmanuel Macron.

“Je ne considère pas qu’avec une déclaration tout est obtenu et il est évident que nous devrons dans les semaines prochaines, les prochains mois continuer à travailler”, a dit le président français.

Un engagement a été pris avec les Etats-Unis d’avoir des discussions conjointes et de “mettre les faits autour de la table parce qu’il y a beaucoup aujourd’hui de contre- vérités qui sont proférées”, a-t-il ajouté.

DIFFERENTS GRIEFS

Les partenaires commerciaux des Etats-Unis sont furieux depuis la décision la semaine dernière de Donald Trump d’imposer des droits de douane sur les importations américaines d’acier et d’aluminium en provenance du Canada, de l’Union européenne et du Mexique. Plusieurs pays ont pris des mesures de rétorsion.

Trump a répété que cette taxation visait à protéger l’industrie et les salariés américains de ce qu’il qualifie de concurrence internationale déloyale. Le président américain a indiqué qu’il avait suggéré aux autres dirigeants du G7 que toutes les barrières commerciales, à savoir les droits de douane et les subventions, soient éliminées.

Louant la qualité de ses relations avec ses partenaires, il a nié que le sommet de La Malbaie se soit déroulé dans une atmosphère conflictuel.

Un commentaire en complet décalage avec le compte rendu d’une source au sein de la délégation française qui a qualifié d’”extraordinaire” et d’”inhabituelle” la discussion que les chefs d’Etat ou de gouvernement ont eue vendredi sur la question des droits de douane.

“Le président Donald Trump a repris de manière très vigoureuse les différents griefs qu’il nourrissait à l’égard des autres pays du G7, principalement l’Union européenne et le Canada depuis des semaines. Et donc a commencé une longue litanie de récriminations, de constats un peu amères disant que les Etats-Unis étaient traités injustement, que le système commercial était totalement défavorable aux Etats-Unis, à l’économie américaine, aux travailleurs américains, aux classes moyennes américaines”, a rapporté cette source.

“Bref, une longue diatribe très franche qui est sans doute très inhabituelle dans ce genre de formats”, a-t-elle ajouté.

En dehors du commerce, il y a eu aussi un désaccord sur la position du G7 sur le changement climatique et sur la suggestion de Trump d’une réintégration de la Russie au sein du club.

La chancelière allemande a précisé que sur le changement climatique, la déclaration finale acterait le “G6+1”, avec d’une part la position des Etats-Unis, qui sont sortis de l’Accord de Paris sur le climat et n’ont pas changé sur ce point, et de l’autre celle des six autres.

Elle a ajouté qu’une position commune du G7 sur le commerce ne signifierait pas qu’il n’y a pas de divergences entre l’Europe et les Etats-Unis. Le diable se niche dans les détails, a-t-elle fait valoir. (Avec David Ljunggren, Giselda Vagnoni, Jan Strupczewski, William James et Jonathan Landay; Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below