June 8, 2018 / 4:32 PM / 6 months ago

Gucci adapte son outil de production à son explosive croissance

* Gucci veut accélérer l’internalisation de sa production

* La marque veut réduire de 50% ses délais de livraison

* Le nouveau plan de route de Gucci salué par les analystes

par Pascale Denis et Sarah White

FLORENCE, 8 juin (Reuters) - Gucci, la marque phare du groupe Kering, entend accélérer l’internalisation de sa production dans la maroquinerie pour pouvoir répondre à une demande en pleine explosion.

Contrairement à Louis Vuitton, propriété de LVMH ou Hermès, qui ont leurs propres ateliers de fabrication, le modèle de Gucci repose encore majoritairement sur des contrats de sous-traitance avec plus d’une centaine d’entreprises italiennes.

Ce réseau d’artisans indépendants assure aujourd’hui 75% de la production de la maroquinerie de la griffe et elle compte, à terme, ramener cette part à 40%, a précisé jeudi le PDG de Gucci Marco Bizzarri à l’occasion de la présentation aux investisseurs des nouveaux objectifs de la marque.

La partie “interne” de la production regroupe des ateliers qui ont récemment été rachetés mais aussi des coentreprises avec des fabricants ou des sous-traitants de “premier rang”.

L’intégration verticale “doit permettre à terme de réduire de 50% les délais qui s’écoulent entre la fabrication des produits et leur livraison dans les magasins”, a précisé le PDG.

Alors que la griffe florentine signe une croissance inédite dans le monde du luxe, les délais de livraison constituent un enjeu capital, tout comme la réduction du risque industriel ou le meilleur contrôle de la qualité des produits.

Pour faire face à la demande, Gucci a déjà doublé en l’espace d’un an ses capacités de production en étendant le réseau de ses fournisseurs.

En avril, la marque a inauguré son “Gucci ArtLab”, un tout nouveau site dédié à l’innovation et au prototypage de la maroquinerie et des chaussures, qui comptent pour plus de 70% des ventes de la griffe.

Avant de lancer la production à grande échelle, les produits sont conçus puis testés dans ce laboratoire ultra moderne qui s’étend sur 37.000 mètres carrés près de Florence et qui emploie plus de 800 personnes.

Marco Bizzarri, qui estime que Gucci a “su créer une nouvelle demande, et qui va durer”, ambitionne d’en faire la première marque mondiale de luxe devant Louis Vuitton.

Son plan de route, qui vise notamment une croissance deux fois plus élevée que celle du marché, a été salué par les analystes. Certains, comme ceux de Raymond James, estiment que la marque pourrait atteindre ses objectifs dès 2021.

En Bourse, après un recul jeudi dans le sillage du secteur du luxe pénalisé par des craintes de ralentissement de la demande en Chine au deuxième semestre, le titre Kering a vivement rebondi vendredi pour finir en progression de 5,58% à un nouveau plus haut historique de 505,40 euros, alors que le CAC 40 est resté stable (+0,03%).

Pascale Denis et Sarah White, édité par Jean-Michel Bélot

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