June 6, 2018 / 9:28 PM / 6 months ago

Commerce-Trump veut rester sur une ligne dure au G7-conseiller

par Roberta Rampton et David Ljunggren

WASHINGTON/OTTAWA, 6 juin (Reuters) - Donald Trump ne se départira pas de la ligne sans concession qu’il a adoptée sur les questions commerciales, a déclaré mercredi le principal conseiller économique de la Maison blanche à deux jours de l’ouverture du sommet du G7 au Canada.

La question des droits de douane voulus par le président américain sur les importations américaines d’acier et d’aluminium en provenance du Canada, du Mexique et de l’Union européenne sera un des dossiers chauds de la réunion des sept pays les plus développés qui se tient vendredi et samedi dans la petite ville canadienne de Charlevoix, au Québec.

Cette politique, entrée en vigueur la semaine dernière, a suscité des représailles rapides de la part du Canada et du Mexique et une menace de droits de douane de la part de l’Union européenne.

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, hôte du sommet, et la Première ministre britannique, Theresa May, sont particulièrement critiques des droits de douane américains.

“Il y a des désaccords, il (Trump) reste sur ses positions. Et il va leur parler”, a déclaré Larry Kudlow, le conseiller économique de Trump, aux journalistes à Washington. “Les lignes sont ouvertes, les négociations sont en cours.”

Le président américain, qui a promis de protéger l’industrie américaine de ce qu’il décrit comme une concurrence internationale injuste dans le cadre de son programme “America First”, devrait avoir des réunions bilatérales avec Justin Trudeau et le président français Emmanuel Macron au cours du G7, a déclaré Larry Kudlow.

La rencontre avec Trudeau pourrait être particulièrement glaciale, étant donné les récentes critiques de Trump à l’égard de la politique commerciale du Canada et la colère d’Ottawa à l’égard de la décision de Washington de justifier ses nouveaux droits de douanes par des questions de sécurité nationale.

Ottawa n’apprécie par non plus la lenteur des discussions sur la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena), accord conclu en 1994 entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

CAVALIER SEUL

“Je sais que nous allons avoir des conversations très, très franches autour de la table”, a déclaré Justin Trudeau à Global TV. Il a ajouté qu’il ferait part personnellement du mécontentement du Canada lors de sa rencontre avec Donald Trump.

Selon deux sources à Ottawa, les divergences entre les États-Unis et les autres membres du G7 sont si importantes que les hauts fonctionnaires responsables des préparatifs du sommet ont prévu de tenir une réunion supplémentaire la nuit précédant le sommet pour essayer de trouver un consensus.

Interrogée sur un article du Washington Post selon lequel la Maison blanche envisagerait d’imposer des pénalités économiques supplémentaires au Canada, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a déclaré aux journalistes qu’Ottawa n’était pas au courant de telles mesures.

Le ton du G7 a été donné dès samedi dernier à Whistler en Colombie-Britannique (Canada) lors d’une réunion des ministres des Finances des pays du G7. Les ministres ont dit au secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, de transmettre à Donald Trump “leur inquiétude et leur désapprobation unanimes”.

La décision de Trump de sortir les États-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran devrait elle aussi engendrer des frictions. Les alliés européens souhaitent que Donald Trump revienne sur sa décision.

Dans une lettre commune, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni réaffirment leur volonté de rester engagés par l’accord sur le programme nucléaire iranien et demandent aux Etats-Unis d’exempter les entreprises européennes des sanctions à venir.

La chancelière allemande Angela Merkel a dit s’attendre à des “discussions difficiles” au sommet du G7.

“Je vais bien sûr essayer de parler au président américain des problèmes actuels que nous avons en général, en particulier sur l’Iran et sur les droits de douane”, a déclaré Angela Merkel lors d’une séance de questions-réponses au Bundestag.

Malgré les efforts déployés par le G7 pour dissuader l’administration Trump de faire cavalier seul, certains analystes se demandent maintenant si Washington reste vraiment attaché aux fondements du système économique international mis en place après la Seconde Guerre mondiale ou s’il ne va pas franchir définitivement le Rubicon commercial. (Avec Jason Lange et Tim Ahmann à Washington et Paul Carrel et Madeline Chambers à Berlin Danielle Rouquié pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below