June 5, 2018 / 1:49 PM / 6 months ago

GESTION-L'aversion au risque va dicter l'évolution des taux en Europe - AllianzGI

* La volatilité devrait demeurer à cause de l’Italie

* Il ne faut surtout pas vendre le Bund - gérant

* Le marché actions devrait rester stable dans les prochains mois

* Prudence sur le crédit à court terme, en dépit des valorisations

PARIS, 5 juin (Reuters) - L’aversion au risque, plus que les fondamentaux, va dicter l’évolution des taux dans la zone euro dans les prochains mois, en raison notamment des incertitudes persistantes sur la politique italienne, prévient Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires d’Allianz Global Investors.

Si la situation en Italie montre un début de stabilité, la volatilité devrait demeurer. “Les marchés vont vivre au gré des déclarations des uns et des autres et des coups de menton de la nouvelle coalition”, a indiqué le gérant lors d’une conférence de presse sur les perspectives de marché au second semestre.

“On va essayer d’évaluer la réalité de la mise en oeuvre du programme du gouvernement car toute dérive des déficits raviverait le problème de la soutenabilité de la dette publique italienne”.

Dans ce contexte, “il ne faut surtout pas ‘shorter’ le Bund en dépit de sa valorisation car il demeure le refuge ultime en zone euro”, prévient Franck Dixmier.

Le rendement des emprunts d’Etat allemand à 10 ans est retombé sous 0,4% avec le récent regain d’aversion au risque lié à la crise politique en Italie. Il a touché il y a tout juste une semaine un plus bas à 0,192%, son niveau le plus faible depuis juillet 2017.

Selon le gérant, le prochain rendez-vous important sur le front de l’Italie sera le Conseil européen du 15 octobre destiné à valider les budgets des pays membres. Il faudra aussi surveiller l’agenda des agences de notation : la revue de Fitch sur la note italienne est attendue le 31 août, celle de Moody’s le 16 septembre et celle de S&P le 26 octobre.

“A court terme, on imagine mal une dégradation de l’Italie, il s’agira plus d’une problématique à moyen terme”, indique-t-il néanmoins.

“Ce qu’on peut espérer - et c’est notre scénario central - est que la mise en oeuvre du programme annoncé soit graduelle, avec par exemple une instauration de la “flat tax” pas avant 2019-2020”.

LE RESSERREMENT MONÉTAIRE VA SE POURSUIVRE

“Le problème italien est très dommageable car tout allait bien du côté de la macroéconomie”, ajoute Franck Dixmier.

Aux Etats-Unis, l’inflation se redresse et l’indice “core” PCE devrait atteindre 2% dans les prochains mois. “C’est la dernière case à cocher pour la Réserve fédérale (Fed) qui a déjà atteint son objectif sur le plein emploi”.

Les pressions salariales et l’effet de base lié au pétrole indiquent même une inflation projetée à plus de 3% cet été aux Etats-Unis, souligne le gérant, estimant que cela légitime l’action de la Fed.

En zone euro, l’inflation se normalise et la fin du programme d’assouplissement monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) devrait être annoncée prochainement, non pas lors de la réunion du 14 juin, mais plutôt en juillet ou septembre, estime Franck Dixmier.

“On arrive aux limites techniques du QE et ce programme n’est pas fait pour soutenir un seul pays membre”, explique le gérant, pour qui la première hausse de taux devrait intervenir au second semestre 2019.

PRUDENCE SUR LES ACTIONS ET LE CRÉDIT

Ce resserrement monétaire explique en partie les difficultés des marchés actions depuis le début février, estime Catherine Garrigues, responsable de la stratégie conviction Actions Europe.

“Le marché ne sait pas très bien où il en est : il y a certes de la croissance bénéficiaire mais il va falloir digérer une normalisation de politique monétaire”, indique-t-elle.

“Le marché actions ne va pas faire grand-chose dans les prochains mois. Il n’a pas de raison de baisser mais il devrait rester stable aux Etats-Unis et en Europe”, ajoute la gérante.

Catherine Garrigues privilégie néanmoins plusieurs secteurs comme le luxe, la technologie ou encore les thématiques de la voiture autonome et de la numérisation des industries.

Du côté du crédit, le positionnement d’AllianzGI se veut aussi prudent à l’approche de l’été, même si les valorisations sur le haut rendement et la catégorie investissement (investment grade) sont redevenues attractives, indique Vincent Marioni, directeur Europe des investissements crédit.

“Globalement, les fondamentaux sont bien orientés mais il existe des zones de vigilance qui peuvent se matérialiser rapidement”, explique le gérant, évoquant principalement la situation politique en Italie et les tensions commerciales.

“Les tensions commerciales n’ont pas encore eu d’impact majeur sur le crédit. Si l’on regarde les entreprises de transport, elles annoncent une hausse des volumes transportés, mais on a vu avec les déboires du chinois ZTE que l’impact peut être brutal”.

Le gérant estime qu’au-delà de la prudence à court terme, le haut rendement et l’investment grade pourraient représenter des classes d’actifs attractives pour la fin de l’année.

Blandine Hénault, édité par Patrick Vignal

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