June 3, 2018 / 6:51 PM / 2 months ago

LEAD 5-L'Etat "ouvert" à des discussions entre Air France et AccorHotels

* AccorHotels s’intéresse aux 14,3% détenus par l’Etat

* Le gouvernement français “ouvert au principe” d’un rapprochement

* Air France-KLM grimpe en Bourse, AccorHotels chute (Actualisé avec cabinet de Gény-Stephann, §§ 5-6)

PARIS, 4 juin (Reuters) - Le gouvernement français s’est déclaré lundi “ouvert au principe” d’un rapprochement entre Air France-KLM et AccorHotels, qui a confirmé son intérêt pour la part de l’Etat dans le capital de la compagnie aérienne.

Par la voix de Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, l’exécutif a dit son intérêt dans l’émergence d’un projet industriel “qui a sans doute des approches intéressantes”.

“Le gouvernement est ouvert sur le principe dès lors qu’il y a une discussion entre les deux entreprises qui fait apparaître un sujet industriel qui tient la route”, a-t-elle déclaré lors de l’émission Ecorama diffusée sur le site Boursorama.

“C’est entre les entreprises que les discussions doivent se mener. L’Etat aura son mot à dire et participera dans son rôle d’Etat actionnaire à la discussion stratégique”, a ajouté cette collaboratrice du ministre Bruno Le Maire.

Au cabinet de Delphine Gény-Stephann, on précise que “la priorité aujourd’hui pour l’Etat est que l’entreprise Air France-KLM retrouve sa stabilité et une direction capable de faire face aux défis de compétitivité et de croissance”.

“Tout projet industriel qui contribuerait au développement du groupe sera examiné par l’Etat actionnaire”, ajoute l’entourage de la secrétaire d’Etat, expliquant que le projet d’AccorHotels n’est pas privilégié.

AccorHotels a confirmé dimanche son intérêt pour la reprise de tout ou partie des 14,3% détenus par l’Etat dans le capital Air France-KLM, sans “certitude” quant à l’aboutissement du projet.

Dans un communiqué, le groupe hôtelier déclare avoir repris des “réflexions” au sujet de “l’éventualité d’une prise de participation minoritaire” au capital de la compagnie aérienne franco-néerlandaise afin de “conforter un projet industriel de croissance”.

CRISE SOCIALE CHEZ AIR FRANCE

Trois scénarios seraient envisagés: le rachat par AccorHotels de la totalité des titres détenus de l’Etat; un rachat partiel ou un échange par lequel l’Etat recevrait des titres AccorHotels en échange de sa part dans Air France-KLM.

AccorHotels rappelle avoir conduit à plusieurs reprises ces dernières années “des discussions avec Air France-KLM en vue de développer notamment des projets digitaux communs et une plate-forme commune de fidélisation et de services qui permettraient aux clients des deux groupes, leaders mondiaux du voyage, de bénéficier d’une offre enrichie de services autour de la mobilité à travers le monde”.

Contactée par Reuters, une porte-parole d’Air France n’a fait aucun commentaire.

Le directeur général de KLM, Pieter Elbers, n’a pas non plus souhaité s’exprimer.

La compagnie aérienne française est déstabilisée depuis le départ de son président Jean-Marc Janaillac, qui a démissionné le 7 mai après le rejet, par référendum, de l’accord salarial qu’il avait proposé.

Anne-Marie Couderc a été nommée le 15 mai aux côtés d’un triumvirat de dirigeants du groupe pour assurer un intérim à la tête du groupe, sur fond de crise sociale. et

L’intersyndicale d’Air France, opposée aux propositions salariales de la direction, est à l’origine de 15 jours de grève du 22 février au 8 mai dont le coût est estimé à près de 400 millions d’euros.

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, a déclaré souhaiter la nomination d’un nouveau PDG “d’ici la rentrée” pour succéder à l’équipe de transition.

En proposant à l’Etat la reprise partielle ou totale de sa participation dans Air France, AccorHotels veut pouvoir mieux affronter les géants internet du tourisme en ligne mais fait un pari non dénué de risques.

En milieu d’après-midi, lundi, l’action Air France KLM était en hausse de près de 7% à la Bourse de Paris, tandis que celle d’AccorHotel chutait de plus de 6 %. (Elizabeth Pineau avec Pascale Denis, édité par Yves Clarisse)

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