May 24, 2018 / 1:58 PM / 5 months ago

ENQUÊTE-La BCE en finira avec le QE cette année malgré l'inflation faible

* Données détaillées de l’enquête sur la croissance : reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/econ-polls?RIC=EUGDPQAP

* Données détaillées de l’enquête sur les taux directeurs de la BCE : reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/cb-polls?RIC=EUREFIQP

par Hari Kishan et Rahul Karunakar

BANGALORE, 24 mai (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) mettra un terme à son programme d’assouplissement quantitatif (QE) d’ici la fin de l’année, estiment une majorité d’économistes interrogés par Reuters, dont près de la moitié jugent toutefois qu’elle ne sera pas en mesure de piloter l’inflation pour l’amener à son objectif.

La BCE a jusqu’à présent injecté 2.500 milliards d’euros de liquidités au travers de son programme QE pour tenter d’amener l’inflation à sa cible d’une hausse des prix proche mais inférieure à 2% l’an, mais sans succès. L’inflation au sein de la zone euro est retombée à 1,2% le mois dernier contre 1,3% au début de l’année.

Plus de 80 économistes interrogés par Reuters entre le 16 et le 23 mai ne s’attendent pas à ce que l’inflation au sein de la zone euro atteigne la cible de la BCE avant 2021 au plus tôt. La croissance de l’économie, qui a fléchi en début d’année, ne devrait pas non plus ré-accélérer significativement, estiment-ils.

Sur les 37 économistes qui ont répondu à une question sur la capacité de la BCE à piloter l’inflation vers sa cible, 45% pensent qu’elle ne le peut pas. Et pour ceux qui l’en jugent capable, leurs prévisions d’inflation ne reflètent guère cette confiance.

“Bien que nous nous attendions à ce que l’inflation progresse vers la cible, il est difficile de conclure que la BCE la maîtrise au vu des évolutions des dernières années” a dit Rasmus Gudum-Sessingo (Handelsbanken).

Deux responsables monétaires de la BCE ont dit mercredi qu’elle pourrait toujours mettre un terme à son programme d’assouplissment quantitatif même si les données conjoncturelles récentes font douter de la vigueur de la reprise.

La croissance de la zone euro a ralenti en début d’année et l’euro a reculé de plus de 4% contre le dollar depuis le début du mois dernier.

Les économistes interrogés, comme la BCE, ont fait le choix de rester optimistes en dépit d’indicateurs avancés comme les indices des directeurs d’achat (PMIs) du mois de mai, publiés mercredi, qui ne laissent pas augurer d’un rebond de la croissance. Pour près de 70% de la quarantaine d’économistes qui se sont prononcés sur ce sujet, le récent ralentissement économique n’est qu’une pause.

Les prévisions de croissance médianes ne sont toutefois pas conformes à ce diagnostic et traduisent plutôt une transition vers une trajectoire de croissance plus faible.

La croissance d’un trimestre sur l’autre est attendue dans une fourchette de 0,4% à 0,6% jusqu’à la fin de l’année prochaine, ce qui, tout en restant très honorable, traduit une perte de dynamisme.

Plus d’un tiers des participants qui avaient répondu à la précédente enquête ont ainsi abaissé leur prévision de croissance pour 2018.

“On a répété sans fin que le ralentissement de la croissance de la zone euro au premier trimestre était dû à des facteurs temporaires (...) mais jusqu’à présent nous n’avons guère vu de rebond dans les indicateurs de sentiment du deuxième trimestre, ce qui laisse penser qu’il ne faut pas s’attendre à une accélération”, a dit Peter Vanden Houte (ING).

Concernant les perspectives d’inflation, les prévisions n’ont pas beaucoup changé par rapport à la précédente enquête avec un consensus à 1,5% en moyenne pour cette année, 1,6% en 2019 et 1,7% en 2020.

Sur les 55 économistes qui ont répondu à une question sur le calendrier de la fin du QE, 53 ont dit s’attendre à ce qu’il intervienne d’ici la fin de l’année et huit estiment même qu’il ne sera pas prolongé au-delà de son terme programmé pour l’instant à la fin septembre.

“Dans l’hypothèse où les données conjoncturelles ne se détériorent pas sensiblement plus au cours des prochains mois, nous nous attendons à ce que les achats nets d’actifs par la BCE soient prolongés jusqu’en décembre au rythme de 10 milliards par mois, après quoi le programme sera terminé”, prévoit Elwin de Groot (Rabobank).

“Nous maintenons notre position selon laquelle la fin du programme d’achats d’actifs est principalement motivé par des contraintes sur l’offre sur le marché obligataire plutôt que par une victoire que la BCE pourrait proclamer sur le front de l’inflation.”

Aucune annonce majeure n’est attendue lors de la prochaine réunion de politique monétaire de la BCE en juin. Le consensus des économistes table en revanche sur un relèvement de 15 points de base du taux de la facilité de dépôt à -0,25% au deuxième trimestre de l’année prochaine et sur une hausse du taux de refinancement de 10 points de base le trimestre suivant. (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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