May 20, 2018 / 4:06 PM / 6 months ago

À WALL STREET-Le marché pourrait démentir le vieil adage "Vendez en mai et partez"

par Chuck Mikolajczak

NEW YORK, 20 mai (Reuters) - Wall Street pourrait faire mentir le célèbre adage anglo-saxon “Vendre en mai et partir”(“Sell in May and go away”), alors que les entreprises ont publié de solides résultats trimestriels et que l’économie américaine poursuit sur sa lancée.

Selon ce dicton, les performances des actions auraient tendance à être meilleures sur la période s’étalant de novembre à avril, comparativement à celle courant de mai à octobre, incitant ainsi les investisseurs à sortir du marché avant l’été pour rester à l’écart quelques mois.

Le site internet Stock Trader Almanac estime que, depuis 1950, le Dow Jones a perdu 64,71 points de mai à octobre, contre un gain de 20.790,89 points entre novembre et avril. Le S&P-500 a pris lui 264,31 points entre mai et octobre et 2.420,72 points sur les six mois suivants.

La progression des marchés actions entre novembre et avril, s’est accompagnée d’une volatilité accrue. Après avoir atteint un record le 26 janvier, le S&P-500 a perdu plus de 10% pour toucher son plus bas niveau le 8 février à 2.581 points et a testé encore un plus bas fin mars. L’indice évolue désormais 5,5% en deçà de son pic de janvier.

“Je ne pense pas que (l’adage) va fonctionner cette année”, pronostique David Joy, responsable de la stratégie d’Ameriprise Financial.

“L’économie est solide, les bénéfices sont bons et le marché a déjà un peu vendu.”

Cette année, le mois de mai est bien parti, le Dow et le S&P-500 étant en passe de réaliser leur meilleure performance sur ce mois depuis 2009.

ÉLECTIONS DE MI-MANDAT

Selon les données de LPL Research, les années d’élections de mi-mandat se sont toutefois révélées particulièrement difficiles.

Les élections à la Chambre des représentants et au Sénat américains se dérouleront en novembre. Généralement, le parti au pouvoir perd des sièges après l’élection d’un nouveau président et les républicains détiennent la majorité dans les deux Chambres.

Depuis 1950, ces années-là, le S&P-500 n’a gagné en moyenne que 0,1% entre mai et octobre, l’indice ayant accusé un recul moyen de 14,7%, le plus important des quatre années du mandat présidentiel américain.

“Clairement, les élections de mi-mandat font souffler des vents contraires et sont une préoccupation, mais il y en a bien d’autres”, relève Terry Sandven, stratège actions chez U.S. Bank Wealth Management.

“La difficulté d’investir s’accroît, en grande partie en raison des pressions inflationnistes croissantes et d’une politique monétaire sur le point de changer.”

Le rendement des Treasuries à dix ans a atteint 3,128% vendredi, son plus haut niveau depuis juillet 2011 et de nombreux analystes s’attendent à ce qu’il grimpe vers les 3,25%.

Quant à vendre en mai, la dernière fois que le Dow et le S&P ont réalisé une performance négative sur ce mois remonte à 2012. Les cinq années suivantes, le S&P a progressé sur la période de mai à octobre à quatre reprises, affichant une seule baisse de (-0,3%) sur cette période en 2015.

Autre raison qui incite à l’optimisme cette année, selon LPL, la performance du S&P-500 au cours des six mois précédents et sa position par rapport à sa moyenne mobile à 200 jours, un seuil technique qui indique la tendance de long terme

Depuis 1950, quand le S&P-500 est entré dans la période pré-estivale au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours après avoir enregistré des gains dans les six mois précédents, il a pris environ 3,3%, affichant une performance positive sept fois sur dix.

Le parcours des actions durant les années d’élections de mi-mandat est peut être encore plus parlant. Le S&P a pris en moyenne 5,5%, réalisant des gains deux fois sur trois quand ces conditions étaient remplies.

Sur l’année 2017-2018, le S&P-500 a gagné 2,8% entre novembre et avril et a terminé la période à presque 40 points au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours.

“Et ces éléments ne prennent pas en compte le contexte favorable qui perdure, solides bénéfices d’entreprises, réforme fiscale, dépenses potentielles d’infrastructure et déréglementation”, explique Ryan Detrick, stratège chez LPL Financial.

Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Marc Joanny

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