May 15, 2018 / 5:03 AM / 7 months ago

RPT-BOURSE-Iliad au défi de rassurer le marché sur ses perspectives

(Répétition sans changement de notre dépêche diffusée lundi soir)

* Iliad en panne en Bourse depuis ses résultats du T4

* Le marché s’interroge sur sa prévision 2020

* La nouvelle box et l’Italie comme facteurs de rebond

par Gwénaëlle Barzic

PARIS, 15 mai (Reuters) - Longtemps instigateur de la concurrence féroce sur le marché français des télécoms, Iliad , la maison mère de Free, en subit aujourd’hui les conséquences sur son activité fixe, sa vache à lait, suscitant l’inquiétude de certains investisseurs et pénalisant son cours de Bourse.

Précurseur des offres fixes “triple-play” combinant téléphone, télévision et internet, l’opérateur a de nouveau bouleversé le secteur en 2012 en se lançant dans le mobile avec deux offres à prix cassés, provoquant des départs massifs d’abonnés chez ses rivaux et un déclin brutal de leurs marges.

Mais après avoir enchaîné plusieurs années de croissance insolente, le “trublion des télécoms”, fondé et contrôlé par l’entrepreneur Xavier Niel, a marqué le pas en fin d’année dernière alors que ses concurrents, Bouygues Telecom (Bouygues ) en tête, reprenaient du poil de la bête.

Au quatrième trimestre, ses revenus ont progressé de 2,8%, à comparer à 5,6% sur l’ensemble de 2017, pénalisés par la stagnation du chiffre d’affaires “fixe”, conduisant une partie du marché à se demander si Free, qui a connu une fulgurante ascension depuis sa naissance en 1999, était en passe de devenir un opérateur comme les autres.

“L’activité historique a décliné au T4, conduisant les investisseurs à s’interroger sur la capacité d’Iliad à s’adapter au nouvel environnement concurrentiel”, soulignent les analystes de Berenberg dans une note publiée le mois dernier.

“Nous pensons que la récente correction du titre est justifiée par la détérioration des fondamentaux d’Iliad et la façon dont le groupe a géré ce recul et l’a communiqué au marché”, ajoute le broker, évoquant un changement profond du sentiment du marché vis-à-vis de la valeur.

Depuis le début de l’année, Iliad, qui publiera mardi son chiffre d’affaires du premier trimestre, est en queue de peloton en Bourse face à Orange, Bouygues et même Altice , pourtant en difficultés dans l’Hexagone.

DOUTES SUR L’OBJECTIF 2020

Attaqués sur le mobile, les rivaux de Free ont riposté à coup de promotions alléchantes, notamment sur le front du fixe, le nerf de la guerre pour Iliad, dont les marges élevées lui permettent de financer le déploiement de son réseau mobile.

Selon une étude réalisée par Arthur D. Little pour la Fédération française des télécoms, les tarifs en France étaient toujours en 2017 les plus bas des grands pays occidentaux, du fait, notamment, du maintien de quatre acteurs après l’échec de multiples tentatives de consolidation.

Dans ce contexte ultra-concurrentiel, les interrogations du marché se concentrent sur la capacité d’Iliad à tenir son objectif d’atteindre un solde Ebitda-Investissements supérieur à un milliard d’euros en France à partir de 2020 alors qu’il doit mener de front le déploiement de ses réseaux mobile et fibre en France tout en préparant son lancement à venir en Italie.

“Iliad se trouve au milieu du gué : ni génération de FCF ni forte croissance à court terme”, estiment dans une note les analystes de Morgan Stanley qui ont abaissé à “sous-performer” leur recommandation sur la valeur et abaissé leur objectif de cours de 205 à 165 euros par action.

Estimant limitées les capacités d’Iliad à relever ses prix ou à réduire ses coûts au vu de son organisation déjà légère, ils s’attendent à ce qu’Iliad n’atteigne pas son objectif 2020 avec un solde projeté à 850 millions d’euros.

Certains analystes sont d’autant plus échaudés que le groupe a précisé en mars lors de la présentation de ses résultats annuels que son enveloppe d’investissements pour 2018 - entre 1,4 et 1,5 milliard d’euros - n’incluait pas le lancement prévu d’une nouvelle “box”.

D’autres pointent aussi le retard du lancement de l’aventure italienne, où Iliad s’apprête à se lancer comme le quatrième opérateur mobile du pays, désormais programmé d’ici l’été alors qu’il était annoncé fin 2017-début 2018.

PLUSIEURS FACTEURS DE REBOND

“Rarement en 15 ans, les investisseurs n’ont été aussi prudents qu’aujourd’hui concernant les perspectives d’Iliad”, pointent les analystes de Raymond James dans une note diffusée début avril, évoquant seulement deux exceptions : des inquiétudes similaires sur la croissance du fixe en 2010 et le projet avorté de rachat de l’opérateur américain T-Mobile en 2014.

Le broker, dont la recommandation est à “achat fort” sur le titre, compte toutefois sur plusieurs facteurs de rebond, à commencer par le lancement dans le courant de l’année de la nouvelle Freebox qui pourrait faire repartir les ventes et les prix, comme lors de lancements passés.

Iliad devrait par ailleurs bénéficier de ses investissements dans les réseaux, avec à terme l’arrêt de son coûteux contrat d’itinérance mobile avec Orange pour la location de son réseau, et le recrutement de nouveaux clients dans la fibre.

Le pari italien, sur lequel la plupart des analystes se montrent prudents à ce stade, pourrait par ailleurs devenir un nouveau moteur en cas de succès.

“Avec les inquiétudes sur les investissements et les pressions sur l’ARPU fixe crystallisés après les résultats du T4/la prévision 2018, nous jugeons les perspectives sur Iliad relativement “dérisquées”, avec un potentiel de soutien d’un lancement à succès en Italie et de prix revus en hausse avec le lancement d’une box pendant la période printemps-été”, soulignent les analystes de Barclays.

Selon les données de Reuters, une large majorité d’analystes sont aujourd’hui à l’achat sur la valeur tandis que l’objectif de cours moyen ressort à 226 euros.

Free organisera mardi à l’occasion de ses comptes trimestriels une conférence analystes, d’ordinaire réservée aux semestriels et aux annuels. Le groupe, dont le taux de rendement du dividende est inférieur à 1% contre plus de 4% pour le secteur des télécoms en Europe, a annoncé en mars une hausse de son dividende de 44 à 68 centimes par action au titre de 2017.

Edité par Jean-Michel Bélot

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