April 6, 2018 / 11:09 AM / 7 months ago

Coeuré (BCE)-Les tensions commerciales pèsent déjà sur l'économie

CERNOBBIO, Italie, 6 avril (Reuters) - Les craintes d’une guerre commerciale internationale alimentées par les projets de droits de douane américains entraînent déjà la hausse des coûts de crédit et la baisse des marchés actions, a déclaré vendredi Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE).

Les investisseurs se demandent si un ralentissement économique, aggravé sinon provoqué par les tensions commerciales mondiales, pourrait retarder la fin du programme de rachats d’actifs de la BCE et de sa politique de taux d’intérêt négatifs.

Benoît Coeuré a déclaré que les effets d’une guerre commerciale sur l’inflation ne seraient perceptibles qu’à long terme mais que sa perspective pesait déjà sur les emprunteurs et les investisseurs.

“La chute des marchés actions après l’annonce par Washington de taxes sur les importations d’acier et d’aluminium et l’incertitude actuelle sur l’ampleur des mesures de représailles ont déjà contribué à un durcissement des conditions de crédit”, a-t-il dit lors d’une intervention à Cernobbio, en Italie.

Il a précisé, que selon une simulation de la BCE, une taxe de 10% sur la totalité des importations et des exportations américaines entraînerait un ralentissement de 1% de la croissance mondiale la première année. Il a ajouté que l’économie américaine serait la plus affectée et que le repli dans la zone euro serait moins sévère.

Avec une inflation juste en deçà de 1,5%, la BCE devrait largement réduire son programme de rachats d’actifs de 2.550 milliards d’euros cette année et relever ses taux d’intérêt à la mi-2019.

Mais le repli des marchés actions et certains indicateurs économiques plus faibles, y compris dans la zone euro, ont conduit certains investisseurs à se demander si l’institut de Francfort respectera ce plan.

Benoît Coeuré n’a fait état d’aucune incidence immédiate de ces mesures sur la politique de la BCE, mais il a souligné que la guerre commerciale à laquelle les investisseurs semblent se préparer devrait affecter la croissance et l’emploi, deux facteurs clés pour l’inflation.

“En alimentant l’incertitude des acteurs financiers, les craintes d’une ‘guerre commerciale’ ont renforcé la volatilité déjà observée au début de l’année sur les marchés actions”, “Rien de cela ne joue en faveur de la croissance et l’emploi.” (Mark Bendeich, Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

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